VIDEO. Attentat au musée juif de Bruxelles: Mehdi Nemmouche confronté aux proches et au film de la tuerie

PROCES Les images de l’homme qui a assassiné en moins d’une minute et demie quatre personnes seront diffusées vendredi à l’audience, devant les proches des victimes... 

20 Minutes avec AFP

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Croquis d'audience montrant Mehdi Nemmouche, tueur présumé du musée juif de Bruxelles, lors d'une audience à Versailles le 26 juin 2014
Croquis d'audience montrant Mehdi Nemmouche, tueur présumé du musée juif de Bruxelles, lors d'une audience à Versailles le 26 juin 2014 — Benoit Peyrucq AFP

Jugé aux assises de Bruxelles pour quatre assassinats en mai 2014 au Musée juif de la capitale belge, le djihadiste français, Mehdi Nemmouche, doit être confronté, pour la première fois ce vendredi, aux proches des victimes et à la cruauté des images de la tuerie.

Annie Adam, la mère d’Alexandre Strens, décédé à 26 ans, deux semaines après l’attaque, des suites d’une balle dans la tête, doit être la première à s’exprimer pour les parties civiles. Elle craint « d’affronter le regard » de l’assassin présumé de son fils, qui était employé du musée, a expliqué son avocat, Me Christian Dalne.

La vidéo de Nemmouche au musée a été truquée, estiment ses avocats

Se disant innocent mais dans l’incapacité de se « défendre convenablement », les témoins qu’il souhaitait voir à la barre ayant été refusés, l’accusé, un délinquant multirécidiviste radicalisé en prison puis passé par la Syrie, a refusé de s’exprimer. Après avoir entendu l’accusation détailler deux jours durant les preuves contre lui (ADN, empreintes, témoins, vidéos de revendication), Mehdi Nemmouche, arrêté six jours après les faits en possession du revolver et de la Kalachnikov utilisés pour les assassinats, a laissé ses avocats parler en son nom.

Il « n’est pas le tueur », il a été « piégé », ont affirmé ses avocats. Selon eux la tuerie du 24 mai 2014 n’est pas un attentat de l'organisation de l'Etat islamique (EI), mais « une exécution ciblée d’agents du Mossad », les services secrets israéliens. Ils affirment qu’une image du tueur issue de la vidéosurveillance du musée, prouvant selon l’accusation la présence sur les lieux de Mehdi Nemmouche, a été truquée pour le confondre.

« Elles montrent la cruauté de l’exécution par un tueur froid »

Les images vidéo de l’homme qui assassine en moins d’une minute et demie un couple de touristes israéliens, une bénévole française et Alexandre Strens seront diffusées vendredi à l’audience. « Elles montrent la cruauté de l’exécution par un tueur froid (…) Tout cela va raviver des émotions difficiles pour les parties civiles », a déclaré Me Adrien Masset, l’avocat du Musée juif, qui les a déjà visionnées.

« Chacun pourra se faire une idée sur la physionomie du tueur, mais de toute façon, il y a aussi des expertises » pour prouver qu’il s’agit de Mehdi Nemmouche, a souligné l’avocat, balayant la thèse du complot. Issu d’une fratrie de huit enfants, Alexandre Strens, né Reydouane Latrach, avait changé son nom, comme l’ensemble de sa famille, après l’adoption de son père en 1992 par un châtelain belge, selon les informations du quotidien belge Le Soir, confirmées par Me Dalne.

« Ren à voir avec (l) es éventuelles activités politiques » du père d’Alexandre Strens

« Cet homme, qui n’avait pas d’enfants, s’est occupé de la famille », a expliqué l’avocat. Alexandre Strens, dont les parents ont divorcé en 2003, n’avait pas vu depuis des années son père, qui serait, toujours selon Le Soir, un musulman chiite. « Une note de la Sûreté de l’Etat dans le dossier assure, après enquête, que l’attentat n’a rien à voir avec ses éventuelles activités politiques », déclare Me Dalne pour prévenir toute nouvelle exploitation complotiste.

Une femme présente au musée le jour de l’attentat et qui devait manger avec Alexandre Strens sera également auditionnée, ainsi que le directeur du musée, Philippe Blondin. Les proches du couple Riva, les deux touristes israéliens assassinés, seront eux entendus fin janvier. Le procès, au cours duquel Mehdi Nemmouche, 33 ans, est jugé avec un co-accusé, Nacer Bendrer, soupçonné de lui avoir fourni des armes, doit durer jusqu’au 1er mars.