VIDEO. Affaire Benalla: Strzoda, Castaner et Le Drian auditionnés par la commission du Sénat ce mercredi

ENQUETE Le 23 juillet dernier, la commission des lois du Sénat s’était vue attribuer les prérogatives de commission d’enquête pour six mois, soit jusqu’au 24 janvier…

20 Minutes avec AFP

— 

La commission des Lois du Sénat avait entendu Alexandre Benalla le 19 septembre dernier.
La commission des Lois du Sénat avait entendu Alexandre Benalla le 19 septembre dernier. — ALAIN JOCARD / AFP

Après les nouvelles révélations sur l’utilisation de passeports diplomatiques par Alexandre Benalla, la commission d’enquête sénatoriale doit de nouveau entendre ce mercredi  Patrick Strzoda, le directeur de cabinet d’Emmanuel Macron à partir de 15 heures, et Christophe Castaner, le ministre de l’Intérieur, à 16h30. Pour la première fois, Jean-Yves Le Drian, le ministre des Affaires étrangères, sera, lui aussi, auditionné, à 17h45.

Le 23 juillet dernier, la commission des lois du Sénat s’était vue attribuer les prérogatives de commission d’enquête pour six mois, soit jusqu’au 24 janvier. Après 28 auditions entre juillet et octobre, elle était en veilleuse depuis deux mois.

Alexandre Benalla et Vincent Crase auditionnés lundi

En juillet dernier, Christophe Castaner, délégué général du parti présidentiel LREM à l’époque, et Patrick Strzoda avaient déjà été auditionnés. Christophe Castaner sera, cette fois, entendu en sa qualité de ministre de l’Intérieur. Lundi prochain, Alexandre Benalla, l’ex-chargé de mission de l’Elysée, et de son acolyte Vincent Crase, ex-employé de LREM et chef d’escadron dans la réserve opérationnelle de la gendarmerie, doivent, eux aussi, être de nouveau auditionnés.

Les deux hommes avaient été mis en examen pour violence en réunion après des images montrant Alexandre Benalla frapper un manifestant en marge des défilés du 1er-Mai à Paris. Alors qu’on pensait le point d’orgue atteint avec l’audition polémique d’Alexandre Benalla le 19 septembre, l’affaire a rebondi fin décembre avec la révélation de l’utilisation par l’ex-chargé de mission de l’Elysée de deux passeports diplomatiques, après son licenciement en juillet.

« On risque d’avoir "saison 2 : Benalla et la diplomatie sécuritaire parallèle" »

Pour le président de la commission sénatoriale Philippe Bas (LR) et ses rapporteurs Jean-Pierre Sueur (PS) et Muriel Jourda (LR), il s’agit de déterminer s’il y a eu des dysfonctionnements dans les rouages de l’Etat. « Le problème c’est qu’il y a plusieurs saisons. On avait "saison 1 : Benalla et la police parallèle" et maintenant on risque d’avoir "saison 2 : Benalla et la diplomatie sécuritaire parallèle" », a lancé mardi François Grosdidier (LR), membre de la commission des Lois, au micro de Public Sénat.

La commission avait demandé des explications à l’Elysée et au gouvernement le 28 décembre sur « les conditions dans lesquelles Alexandre Benalla a pu faire usage de passeports diplomatiques » après son licenciement. La presse avait révélé que l’ancien collaborateur d’Emmanuel Macron disposait toujours de passeports diplomatiques et qu’il effectuait des voyages d’affaires auprès de dirigeants africains, « alors même qu’il avait déclaré, lors de son audition sous serment du 19 septembre 2018, les avoir laissés dans le bureau qu’il occupait à l’Élysée », a souligné la commission dans un communiqué.

Des éclaircissements sur d’éventuelles activités privées

Les sénateurs vont se pencher sur « les passeports et ce à quoi ils servent. S’il avait utilisé simplement les passeports par commodité pour aller en vacances à l’île Maurice, pas de problème. Quand il va voir le frère du président du Tchad, qui a un rôle éminent en matière de sécurité et d’importation d’armes au Tchad et qu’il le fait avec un passeport officiel, on peut quand même s’interroger sur le rôle réel de M. Benalla dans une diplomatie parallèle », a affirmé François Grosdidier.

Des demandes d’éclaircissements ont également été formulées par la commission concernant d’éventuelles activités privées, notamment dans le domaine de la sécurité, réalisées par Alexandre Benalla ou Vincent Crase lorsqu’ils étaient en fonction à l’Élysée.

Une enquête ouverte par la justice

L’affaire se poursuit aussi sur le terrain judiciaire. Outre l’enquête ouverte cet été sur les violences du 1er mai, le parquet a ouvert le 29 décembre une seconde enquête, cette fois sur les passeports diplomatiques, pour « abus de confiance », et « usage sans droit d’un document justificatif d’une qualité professionnelle ».

Patrick Strzoda a été interrogé la semaine dernière par la police judiciaire dans le cadre de cette nouvelle enquête. L’hebdomadaire Le Canard enchaîné a remis une pièce dans la machine, ce mardi, affirmant que le directeur de cabinet avait « oublié » de réclamer à Alexandre Benalla « quelques menues bricoles », dont un autre passeport et un téléphone sécurisé.