«Veuve noire de la Côte d'Azur»: Trente ans de prison requis en appel contre Patricia Dagorn

EMPOISONNEMENT L’avocate générale a demandé aux jurés de condamner à une peine « extrêmement lourde et longue » cette femme accusée d’avoir empoisonné quatre hommes…

F.B. avec AFP

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Patricia Dagorn, le 15 janvier 2018 à Nice
Patricia Dagorn, le 15 janvier 2018 à Nice — V. Hache / AFP

Les mêmes réquisitions qu’en première instance. Ce lundi, devant la cour d’appel d’Aix-en-Provence, l’avocate générale a réclamé trente ans de prison contre Patricia Dagorn, qui a continué à nier les faits.

Béatrice Vautherin a demandé aux jurés de condamner à une peine « extrêmement lourde et longue » cette femme de 58 ans accusée d’avoir empoisonné sur la Côte d’Azur quatre hommes âgés, dont deux sont morts, pour leur soutirer leurs biens.

« La haine qu’elle à l’égard des hommes »

L’avocate générale a décrit une accusée qui vivait « sans loi et sans lien avec personne » mais qui nourrissait de « la haine à l’égard des hommes » et une certaine « jouissance à donner la mort à ces vieux messieurs ».

La magistrate a insisté sur la « dangerosité » de la quinquagénaire qui a à nouveau écrit à une agence matrimoniale pour trouver des millionnaires à épouser, en Suisse cette fois-ci, alors qu’elle se trouvait déjà derrière en détention préventive, en 2013.

Les accusés « ne sont pas des monstres »

« Les êtres que l’on rencontre à la cour d’assises ne sont pas des monstres », a cependant noté Béatrice Vautherin, s’indignant du surnom de « Veuve noire de la Côte d’Azur » dont a été affublée l’accusée, qui a grandi dans une famille d’accueil, n’a jamais travaillé et a été brutalisée et violée par son ex-mari.

Patricia Dagorn, qui s'est dite lundi «victime d'erreur judiciaire», avait été condamnée à 22 ans de prison en janvier 2018, à Nice. L'un de ses avocats a plaidé l'acquittement, dénonçant une procédure «sans élément probant». La décision de la cour d’appel est attendue mardi.