Toulouse: Il décède lors d'un triathlon, les sociétés de secourisme reconnues responsables

JUSTICE Un sportif de 36 ans est mort en 2014, trois jours après avoir fait un malaise lors d’un triathlon. Une expertise avait pointé des fautes de prise en charge par les secouristes…

Béatrice Colin
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Un coureur lors d'un marathon. (Photo illustration)
Un coureur lors d'un marathon. (Photo illustration) — Superstock / SIPA

Le 20 septembre 2014, Guillaume Evrard, un sportif aguerri, joueur de rugby à Tournefeuille, prenait le départ du triathlon en relais au lac de la Ramée, à Toulouse. Ce jour-là, la chaleur était accablante. Vers la fin de l’après-midi, le coureur de 36 ans s’est effondré, perdant connaissance.

Pris en charge par des secouristes de l’événement, il n’a été vu par un médecin du SAMU qu’une heure plus tard, après avoir été installé dans une ambulance non climatisée, malgré l’opposition de son épouse.

Ce père de deux jeunes enfants est décédé trois jours après son hospitalisation, sans avoir repris connaissance.

La chambre civile du tribunal de grande instance de Toulouse​ vient de déclarer les deux sociétés de secourisme responsables de sa mort par hyperthermie maligne. L’organisateur du triathlon avait lui été mis hors de cause.

Des fautes reconnues par un rapport d’experts

« Le rapport de l’expert mandaté par le tribunal a souligné que les secouristes avaient multiplié les fautes. Ils ont pris du retard dans le diagnostic, mais aussi pour refroidir la victime et appeler les secours, faisant baisser de 80 % ses chances de survie », indique Pascal Nakache, l’avocat de la femme de Guillaume Evrard.

La justice a condamné les deux entités à verser solidairement 600.000 euros d’indemnités à la famille de la victime.



« Cela fait quatre ans qu’elle bataille pour que ces fautes soient reconnues. Cette affaire fait la démonstration que les organisateurs des grosses manifestations sportives doivent vérifier que les secours sont adaptés et doivent prévoir plus efficacement les accidents qui peuvent survenir », plaide Pascal Nakache.