Montpellier: Le mari soupçonné d’un meurtre sauvage devant la cour d’assises

JUSTICE Le procès d’Abdenni Choua s’est ouvert ce lundi devant la cour d’assises de l’Hérault. Il est accusé du meurtre de sa femme, massacrée à son domicile le 17 septembre 2014…

Jerome Diesnis

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La cour d'assises de l'Hérault.
La cour d'assises de l'Hérault. — N. Bonzom / Maxele Presse
  • Le procès du commerçant en téléphonie s’est ouvert ce lundi devant la cour d’assises de l’Hérault. Il est accusé d’avoir tué sa femme.
  • Il n’aurait pas supporté que sa femme s’émancipe, en refusant de porter un troisième enfant pour faire le choix de travailler.
  • La défense va plaider pour un cambriolage qui a mal tourné et estime que la chronologie le disculpe. Selon elle, il n’aurait pas eu le temps matériel de déposer les enfants à l’école à 8h35, revenir au domicile conjugal avant d’ouvrir le magasin à 9h21.

Depuis cinq ans, il n’a jamais varié dans sa version et nie les charges portées à son encontre. Abdenni Choua est accusé d’avoir tué le 17 septembre 2014 sa femme, retrouvée dans un bain de sang au domicile conjugal à Montpellier rue du Pont-de-Lavérune, après avoir été violemment frappée à de nombreuses reprises par un objet contondant.

Pour l’accusation, la culpabilité du commerçant gérant d’un magasin de téléphonie ne fait pas de doute. Sa femme avait refusé de porter un troisième enfant afin de pouvoir travailler. Elle avait obtenu des diplômes au Maroc et poursuivi sa formation en France en ce sens. « Cette femme a été massacrée parce qu’elle voulait s’émanciper, affirme le bâtonnier Jacques Martin, l’un des deux avocats de la famille de la victime. Elle s’est retrouvée sous le joug d’un homme qui la maltraitait ».

Des traces de sang sur les habits du mari

Des traces de sang de la victime ont été retrouvées sur les habits du mari. Pour la défense, cet élément est insuffisant : le mari se serait taché en découvrant sa femme, après s’être penché sur son corps.

Depuis 2014, l’accusé explique avoir déposé ses deux enfants à l’école avant de se rendre à son magasin. Le procès doit permettre de savoir s’il avait matériellement le temps de revenir au domicile conjugal après avoir déposé ses enfants à 8h35 avant de partir à son travail et d’ouvrir son magasin à 9h21. Une voisine est persuadée avoir vu sa voiture devant leur domicile durant ce laps de temps.

Verdict vendredi

Jean-Marc Darrigade, l’avocat de la défense, estime que « tout a été fait pour accabler » son client. Il regrette que la piste du cambriolage n’ait pas été approfondie (plusieurs milliers d’euros auraient disparu), ni celle d’une trace de main noire retrouvée dans la maison.

Le verdict de ce procès, ouvert ce lundi devant la cour d’assises de l’Hérault, est attendu vendredi.