VIDEO. «Gilets jaunes»: Ce que l'on sait sur l'incendie de la barrière de péage de Bessan

ENQUETE Ce vendredi, 18 personnes étaient mises en examen, dont 12 ont été placées en détention provisoire...

Nicolas Bonzom

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La gare de péage de Bessan a été incendiée à plusieurs reprises
La gare de péage de Bessan a été incendiée à plusieurs reprises — Gendarmerie nationale
  • Ce vendredi, 18 personnes étaient mises en examen après l'incendie de la barrière de péage de Bessan, dont 12 ont été placées en détention provisoire.
  • Le procureur, Yvon Calvet, décrit des individus particulièrement « déterminés ».
  • Les profils des personnes interpellées sont très divers : des hommes, des femmes, des couples, d'âges divers, des retraités, une mère de famille...

Le 8 janvier, 46 personnes étaient interpellées et placées en garde à vue par les gendarmes, dans le cadre des investigations sur l’incendie qui a ravagé la barrière de péage de Bessan, dans l'Hérault, dans la nuit du 18 au 19 décembre.

Ce vendredi, 18 étaient mises en examen, dont 12 ont été placées en détention provisoire dans plusieurs maisons d’arrêt d’Occitanie et six sous contrôle judiciaire, a indiqué Yvon Calvet, le procureur de la République de Béziers, ce vendredi. Le sort de cinq personnes reste encore à définir, dans les prochaines heures.

Des personnes « déterminées »

Dans la nuit du 18 au 19 décembre, un groupe de personnes, dont certaines avaient le visage dissimulé derrière des masques ou des cagoules, a détruit l’échangeur en y mettant le feu. Yvon Calvet décrit des individus particulièrement « déterminés ». « Malgré les interventions des forces de l’ordre, les intéressés sont revenus commettre des dégradations, souligne le procureur de la République. L’intervention des gendarmes ne les a en rien dissuadés. » Selon les premiers éléments des investigations, une « réunion » aurait eu lieu la veille de l’incendie du péage, pour planifier les événements.

Les profils des personnes interpellées sont très divers, soulignent les gendarmes. Des hommes, des femmes, des couples, d’âges divers, de 30 à plus de 60 ans, des retraités, une mère de famille de six enfants, des chefs d’entreprise, une infirmière, des commerçants… Une partie d’entre elles était déjà connue pour des faits de dégradations, d’outrages ou de rebellions, survenus avant le mouvement des « gilets jaunes », précise Jean-Valéry Letterman, commandant de gendarmerie de la région Occitanie.

« Certains peuvent apparaître comme des meneurs »

Les individus qui ont été mis en examen l’ont notamment été sur la base d’empreintes digitales ou de tests ADN, d’éléments matériels, parce qu’ils ont été identifiés sur des photographies ou parce qu’ils ont signifié sur les réseaux sociaux qu’ils étaient présents ce soir-là. Tous ont des niveaux d’implication différents, et « certains, même s’ils contestent, peuvent apparaître comme des meneurs », indique le procureur. Pour la plupart, ces personnes, qui habitent dans les communes aux alentours, se présentent comme des « gilets jaunes ». Chez certains d’entre eux et dans des véhicules, des barres de fer, des masses, des casques ou des boucliers artisanaux ont été saisis.

« Le passage à l’acte a sans doute été facilité pour certains d’entre eux par l’alcoolisation, reprend Yvon Calvet. Un certain nombre d’entre eux a dit regretter ce qu’il s’est passé et a exprimé le souhait de ne plus participer à ce mouvement. »

Par ailleurs, les investigations se poursuivent également dans le cadre des dégradations commises sur les péages de Poussan, dans l’Hérault, et de Narbonne, dans l’Aude.