Affaire Jean-Claude Romand: La décision sur sa libération conditionnelle rendue ce vendredi

PRISON Condamné à la perpétuité, assortie d’une période de sûreté de 22 ans, le faux docteur est libérable depuis 2015…

20 Minutes avec AFP

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Jean-Claude Romand lors de son procès, en 1996, devant la cour d'assises de l'Ain, à Bourg-en-Bresse.
Jean-Claude Romand lors de son procès, en 1996, devant la cour d'assises de l'Ain, à Bourg-en-Bresse. — Philippe DESMAZES / AFP

Vingt-trois ans après sa condamnation à perpétuité pour l’assassinat de sa famille, Jean-Claude Romand pourrait bientôt recouvrer la liberté. La justice doit décider, ce vendredi, si le faux «docteur Romand» peut bénéficier d'une libération conditionnelle.

Arrêté en 1993 pour l'assassinat de cinq personnes de sa famille, Jean-Claude Romand a été condamné, en 1996, à la perpétuité, assortie d’une période de sûreté de 22 ans. Le faux docteur, aujourd’hui âgé de 64 ans, est donc libérable depuis 2015.

« Son projet est très bien ficelé et très sérieux »

Lors de sa demande de libération, présentée le 20 novembre, le ministère public a demandé le rejet de cette requête. Me Laure Moureu, l’avocate des deux frères de Florence Romand, l’épouse assassinée, avait estimé « prématurée » l’hypothèse d'une libération.

A la sortie de l’audience à la prison de Saint-Maur (Indre) où est incarcéré Romand, son conseil Me Jean-Louis Abad s’était dit lui « encore plus confiant à la sortie (…) qu’à l’arrivée ». « Son projet est très bien ficelé et très sérieux », avait assuré l’avocat. Romand, s’il est libéré, devrait « éviter la lumière », a affirmé son avocat, qui a refusé de préciser les projets professionnels et personnels présentés par son client aux juges.

Quinze ans de mensonges

Etudiant, Jean-Claude Romand rate sa troisième année de médecine et décide de dissimuler son échec. Pendant des années, il ment à son entourage. Marié et père de deux enfants, il se dit médecin, chercheur au siège de l'OMS à Genève, mais dans les faits, passe ses journées dans sa voiture, dans une cafétéria ou une bibliothèque et fait vivre sa famille en escroquant parents et amis, prétendant placer leurs économies en Suisse.

Acculé par plusieurs débiteurs dont certains découvrent son imposture, le faux médecin de 38 ans craque. Le 9 janvier 1993, il tue avec un rouleau à pâtisserie sa femme qui dormait dans leur maison de Prévessin-Moëns (Ain). Puis, selon son propre récit, il demande à sa fille Caroline, sept ans, de s’allonger pour qu’il prenne sa température et lui tire dans le dos avec une carabine. De même avec son fils Antoine, cinq ans.

Sa maîtresse épargnée

Il va ensuite chez ses parents à Clairvaux-les-Lacs (Jura) et les tue de plusieurs balles dans le dos. Il repart pour Paris retrouver son ancienne maîtresse et la conduit en forêt de Fontainebleau pour un prétendu dîner avec Bernard Kouchner.

Vers 23 heures, il arrête la voiture, asperge la jeune femme avec une bombe lacrymogène, mais renonce à son projet d’assassinat devant ses hurlements et supplications. Il revient le lendemain à son domicile où gisent sa femme et ses enfants. Le 11 janvier, il ingère des barbituriques et incendie la maison. Quand les pompiers arrivent, ils le trouvent inconscient mais vivant.