«Veuve noire de la Côte d'Azur»: Au procès en appel, une policière admet l’absence «de preuve»

EMPOISONNEMENT Alors que l’accusée continue à nier les faits, une enquêtrice reconnaît que des "lacunes graves" auraient pénalisé l’enquête…

F.B. avec AFP

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Patricia Dagorn, surnommée la Veuve noire, a été condamnée à 22 ans de prison en première instance
Patricia Dagorn, surnommée la Veuve noire, a été condamnée à 22 ans de prison en première instance — AFP
  • En ouverture du procès en appel de Patricia Dagorn, une policière a concédé qu’il n’existait pas « de preuve » contre l’accusée.
  • Cette femme de 58 ans, condamnée en première instance à 22 ans de prison, est accusée d’avoir empoisonné quatre hommes âgés, dont deux sont morts.
  • Devant la cour d’appel d’Aix-en-Provence, Patricia Dagorn a à nouveau nié les faits.

Au premier jour du procès en appel de Patricia Dagorn, jeudi à Aix-en-Provence, une enquêtrice a admis qu’il n’y avait pas « de preuve » contre l’accusée. La policière a également reconnu « les lacunes graves » des investigations initiales, menées dans le sillage de cette femme de 58 ans, condamnée en première instance à 22 ans de prison pour l’empoisonnement de quatre hommes âgés, dont deux sont morts.

« Si vous parlez de preuve, non », il n’y en a pas, a concédé la policière, poussée dans ses retranchements par les avocats de la défense. Selon l’accusation, Patricia Dagorn aurait empoisonné ces hommes pour les détrousser, pour capter leur héritage. Mais, au final, « il n’y a pas eu d’enrichissement personnel », a également pointé un autre enquêteur.

« Elle est manipulatrice et dans un déni total de ses crimes »

Cependant, selon ce dernier, si la « veuve noire de la Côte d’Azur » (comme elle est depuis surnommée) n’a pas pu recevoir d’argent des victimes, c’est parce que « ses projets n’ont pas abouti ». « Elle est très intelligente, manipulatrice, et dans un déni total de ses crimes, je pense qu’elle est très dangereuse », a renchéri cet agent de la PJ de Nice.

De son côté, l’accusée a à nouveau nié les faits. « Cela ne correspond pas à la réalité, en tout cas à ma réalité vécue », s’est-elle défendue. La quinquagénaire est accusée d’avoir empoisonné Francesco Filipponne, un maçon retraité de 85 ans, en février 2011 sur les hauteurs de Cannes, et Michel Knefel, un SDF, en juillet 2011, à Nice.

Si Ange Pisciotta et Robert Vaux, les deux autres octogénaires qu’elle aurait empoisonnés, en 2011 et 2012, ont survécu, ce ne serait que grâce à la chance, ayant su rompre à temps avec celle qu’ils avaient rencontrée via une agence matrimoniale de Cannes, où elle s’était inscrite pour rencontrer « des hommes de 50 à 80 ans, voire plus ».