«Veuve noire de la Côte d’Azur»: Jugée en appel, Patricia Dagorn «conteste toujours l'intégralité des faits»

PROCES Cette quinquagénaire avait été condamnée à 22 ans de prison pour avoir empoisonné et escroqué plusieurs hommes âgés…

Fabien Binacchi

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Patricia Dagorn, le 15 janvier 2018 à Nice
Patricia Dagorn, le 15 janvier 2018 à Nice — V. Hache / AFP
  • Condamnée en 2018 à 22 ans de prison pour avoir empoisonné et escroqué plusieurs hommes âgés, Patricia Dagorn est rejugée en appel dès ce jeudi.
  • Cette femme de 58 ans « continue à contester l’intégralité des faits et entend obtenir une décision qui l’exonère de certaines responsabilités », avance l’un de ses avocats.
  • Elle encourt la réclusion criminelle à perpétuité.

Face à la cour d’appel d’Aix-en-Provence, elle devrait « continuer à contester l’intégralité des faits », avance l’un de ses avocats. Patricia Dagorn, condamnée en janvier 2018 à 22 ans de réclusion criminelle pour avoir empoisonné et escroqué plusieurs hommes âgés sera rejugée dès ce jeudi matin à sa demande.

« Rien n’a changé dans son état d’esprit. Elle entend obtenir une décision qui l’exonère de certaines responsabilités », explique Me Georges Rimondi, qui la défendait déjà en première instance, devant la cour d’assises des Alpes-Maritimes.

Des hommes âgés empoisonnés et escroqués

Surnommée la « veuve noire de la Côte d’Azur », cette femme de 58 ans, incarcérée depuis 2012 à Roanne (Loire) puis à Nice, avait déjà nié l’an dernier son implication dans l’assassinat de deux hommes et dans l’empoisonnement aux benzodiazépines (une substance anxiolytique) de deux autres, entre 2010 et 2011.

Des manœuvres vouées, selon l’instruction, à faire main basse sur l’héritage de ces octogénaires qu’elle avait rencontrés par le biais d’agences matrimoniales. Ces accusations, Patricia Dagorn, décrite comme « obsédée par l’argent », s’était employée à réfuter lors de son premier procès, livrant des réponses à toutes les questions du tribunal.

Quitte à donner des explications « vraiment invraisemblables », selon l’avocate générale qui avait insisté sur la personnalité « psychopathe et perverse narcissique » de la quinquagénaire.

« La charge émotionnelle était très importante »

« Les médias l’avaient déjà jugée en l’appelant ‘l’empoisonneuse’. La charge émotionnelle était très importante, explique son conseil. On espère qu’il y aura une plus grande liberté de réflexion lors de ce second procès. »

Robert Vaux, 91 ans, lundi au palais de justice de Nice
Robert Vaux, 91 ans, lundi au palais de justice de Nice - F. Binacchi / ANP / 20 Minutes

Plusieurs parties civiles devraient être encore présentes à Aix-en-Provence. Robert Vaux, 89 ans, empoisonné et considéré comme un survivant, avait dépeint celle qui lui avait réclamé à plusieurs reprises de fortes sommes d’argent comme « une manipulatrice ». Patricia Dagorn encourt la réclusion criminelle à perpétuité. Le procès est prévu jusqu’au 15 janvier.