Nantes: «C'est un acte inélégant, je le reconnais», l'enfarineur de Johanna Rolland condamné

PROCES Un jeune homme de 24 ans a été condamné à un mois de prison avec sursis ce mercredi soir par le tribunal correctionnel de Nantes...

Julie Urbach

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Le palais de justice de Nantes.
Le palais de justice de Nantes. — JS Evrard/AFP
  • En octobre dernier, la maire de Nantes Johanna Rolland avait été la cible d’un jet de farine sur un marché de la ville.
  • Un jeune homme de 24 ans, très impliqué pour la cause des migrants, a été condamné ce mercredi après-midi.

Fin d’audience houleuse ce mercredi soir au tribunal correctionnel de Nantes. Tout l’après-midi, les juges se sont penchés sur le cas d’un jeune homme de 24 ans. Celui qui était accusé d’avoir enfariné la maire de Nantes, Johanna Rolland, au marché de la Petite-Hollande en octobre dernier, a été condamné à un mois de prison avec sursis pour violences. Ce qui a fortement déplu aux soutiens de ce militant - très impliqué dans la cause des migrants - venus nombreux assister à ce procès peu banal. Ces derniers n’ont pas hésité à s’exprimer bruyamment, à l’annonce de la peine.

Quelques heures plus tôt, à la barre, cet étudiant en droit au look soigné et au casier judiciaire vierge a reconnu son geste. Oui, il s’est bel et bien rendu le 6 octobre dernier au marché de la Petite-Hollande pour croiser Johanna Rolland, qui organisait une réunion publique en compagnie d’autres élus. Oui, il a acheté sur place un kilo de farine bio avant d’en saisir une poignée et de la projeter sur l’édile, sans la blesser. « C’est un acte inélégant, je le reconnais, a lancé celui qui a ensuite mis cinq jours à se livrer à la police. Je ne voulais pas que ce soit violent, mais souhaitais l’interpeller pour mettre le sujet des migrants sur la table. »

« C’est une cause qui m’est importante »

Pour le jeune homme, également condamné à 150 € d’amende pour avoir refusé de se prêter au relevé de ses empreintes, cet acte visait donc à dénoncer la politique de la ville vis-à-vis des exilés, et notamment des arrestations et évacuations qui l’ont mis « très en colère ». « C’est une cause qui m’est importante, a calmement justifié le prévenu, membre actif de l’association l’Autre Cantine, qui confectionne des repas pour les migrants. Ce n’est pas possible que des élus fassent ce genre de choses et rompent le dialogue avec les associations. »

« Certaines décisions méritent des débats, nous sommes dans une société démocratique où l’on ne s’en prend pas aux élus dans l’exercice de leurs fonctions, a de son côté estimé le ministère public, qui avait requis quatre mois de prison avec sursis. Ce jet de farine a été fait par surprise, au visage, ce sont de véritables violences à mon sens. (…) Le but n’était pas d’obtenir une réponse mais d’humilier et d’attaquer la fonction. »

Amende pour une autre militante

Ce mercredi soir, le tribunal a également prononcé une peine de 300 € d’amende à l’encontre d’une jeune femme (600 avaient été requis), elle aussi présente sur le marché de la Petite-Hollande au moment des faits. Accusée d’avoir insulté Aïcha Bassal, l’élue municipale en charge de l’égalité, la prévenue a quant à elle nié avoir prononcé ces mots. Décrite comme « virulente » et déjà connue pour ce type d’outrages, cette militante de 21 ans a cependant été reconnue coupable par le tribunal. Les deux prévenus devront également indemniser les élues à hauteur d’un euro symbolique.