Pollution maritime: Comment une rocambolesque série d'erreurs a provoqué une grave collision au large de la Corse

MAREE NOIRE L'officier censé surveiller les radars sur le bateau tunisien bavardait au téléphone. Et le porte-conteneur chypriote n'aurait jamais dû se trouver dans cette zone...

J.S.-M. avec AFP

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Le porte-conteneur chypriote Virginia (à droite) et le navire roulier tunisien Ulysse (à gauche) sonnt entrés en collision vers 7h30.
Le porte-conteneur chypriote Virginia (à droite) et le navire roulier tunisien Ulysse (à gauche) sonnt entrés en collision vers 7h30. — Préfecture maritime

Tous coupables. Un rapport d’enquête présenté ce lundi à Tunis établit les responsabilités après la collision entre un navire tunisien et un porte-conteneurs chypriote, en octobre dernier, au large du Cap Corse. Cet accident, qui a provoqué une importante pollution, a été provoqué par une rocambolesque série d’erreurs humaines.

Selon le ministère tunisien des Transports, l’officier de quart tunisien de l’Ulysse bavardait au téléphone. Et son homologue sur le porte-conteneurs chypriote Virginia n’a pas non plus été attentif aux alarmes des radars. Le Virginia avait en outre jeté l’ancre au milieu d’une véritable « autoroute de la mer », selon le ministère.

« Le capitaine était loin de l’écran radar »

« Cet accident est dû à une erreur humaine partagée entre l’équipage du navire tunisien et celui du navire chypriote », a déclaré Youssef Ben Romdhane, directeur général du transport maritime au sein du ministère tunisien du commerce. « Le capitaine du navire tunisien était occupé à passer des appels téléphoniques privés. Il était loin de l’écran radar qui prévient en cas de danger. Il était seul », a-t-il ajouté.

« Selon le témoignage d’un gradé de la tour de contrôle en Corse, c’est la première fois qu’un navire mouille à cet endroit », situé sur « une route maritime utilisée par les navires marchands », indique Ben Romdhane. Selon le rapport d’enquête, le Virginia aurait jeté l’ancre à cet endroit « sous pression de son armateur. »

La justice française enquête elle aussi

Les deux navires ont le même assureur. Ce dernier a estimé à 13,5 millions d’euros maximum le montant total des dommages subis par les navires, sans compter le nettoyage des côtes évalué provisoirement à 10 millions d’euros environ. Les deux capitaines tunisiens ont été licenciés, a indiqué le ministère, sans préciser le sort de leurs homologues sur le navire chypriote.

Une autre enquête menée par la justice française, confiée au pôle de santé publique du parquet de Paris, se poursuit pour déterminer les responsabilités dans l’accident et la pollution qui s’en est suivie. Selon la préfecture maritime de Toulon, 10 % des 520 mètres cubes d’hydrocarbure qui s’étaient échappés avaient pollué les côtes.