VIDEO. Affaire Benalla: La compagne d’Alexandre Benalla travaillait pour LREM et a tenté de le cacher aux enquêteurs

INFO «20 MINUTES» Myriam. B., la compagne d’Alexandre Benalla, a tenté de cacher aux enquêteurs qu’elle était salariée d’En marche quand la polémique a éclaté…

Vincent Vantighem

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Alexandre Benalla, le 19 septembre 2018 devant la Commission d'enquête du Sénat.
Alexandre Benalla, le 19 septembre 2018 devant la Commission d'enquête du Sénat. — Alain JOCARD / AFP
  • Selon nos informations, Myriam. B. a été salariée de La République en marche.
  • Elle a tenté de le dissimuler aux enquêteurs lors de son audition le 28 septembre.
  • Le parti refuse, ce vendredi, d’indiquer s’il emploie toujours la jeune femme.

Une affaire de famille dans l’affaire d’État ? Selon nos informations, Myriam. B., la compagne d’Alexandre Benalla était salariée de La République en marche quand la polémique au sujet des manifestations du 1er mai a éclaté dans la presse. Ce vendredi, le mouvement fondé par Emmanuel Macron a confirmé l’information obtenue par 20 Minutes auprès de sources concordantes. « Elle était salariée, a ainsi indiqué une source bien informée au sein du parti. Ce que je ne sais pas, c’est si elle l’est toujours [aujourd’hui]. »

Après deux mois d’intenses recherches, les enquêteurs de la Brigade de répression de la délinquance contre les personnes (BRDP) avaient fini par retrouver la trace de cette jeune femme dans l’Eure où elle se réfugiait chez une proche. Selon nos informations, c’est donc dans une caserne de gendarmerie de ce département qu’elle a répondu à leurs questions le 28 septembre, en début d’après-midi.

Alexandre Benalla dépose l’arrêt maladie de sa femme au parti

Ce jour-là, son audition en qualité de témoin débute par le traditionnel exposé sur son identité et son activité. La jeune femme née en 1985 se présente alors comme un « agent administratif actuellement en congé maladie » mais refuse de dire le nom de « l'association » qui l'emploie.

Les policiers ne la relancent pas sur le sujet. Mais peut-être font-ils alors déjà le rapprochement avec l’audition de Reynald. C., un agent de sécurité d’En marche, qu’ils ont réalisée deux semaines plus tôt. Le 13 septembre, cet homme a en effet expliqué qu’Alexandre Benalla ne venait que « très rarement » au siège du parti depuis qu’il travaillait à l’Elysée. Selon ses déclarations, il ne serait venu qu'une fois au quartier général d'En marche : le jour où il est venu déposer « l’arrêt de travail de sa compagne », indiquant malgré lui le nom de l’employeur de Myriam. B.

Au siège de la République en marche à Paris le 18 juin 2017.
Au siège de la République en marche à Paris le 18 juin 2017. - Jacques Witt/SIPA

« Quelqu’un de droit, de bon, de calme... »

Maman d’un bébé né quelques semaines avant le début de toute cette affaire, Myriam. B. était en congé maternité jusqu’au 20 septembre 2018. Ensuite, elle a disposé d’un arrêt maladie de son médecin, selon ses propres déclarations. Impossible de savoir quelles étaient exactement ses fonctions au sein du mouvement politique. S’il a confirmé son statut de salariée, le parti a refusé de révéler plus d’informations relevant « des ressources humaines », n’excluant donc pas qu’elle soit toujours rémunérée par ses soins aujourd’hui.

Toutefois,ce n’est pas dans les couloirs du parti macronien qu’elle aurait rencontré Alexandre Benalla. Invitée par les enquêteurs à parler de son compagnon, Myriam. B. a ainsi expliqué être avec lui depuis quatre ans sans révéler lequel des deux avait rejoint le mouvement politique en premier avant que l’autre ne soit également embauché.

Face aux enquêteurs, elle a décrit son compagnon comme « quelqu’un de bien, quelqu’un de droit, de bon, de calme, de caractère gentil. »

Alexandre Benalla ne parlait jamais de son travail

Sur le fond de l’affaire, la jeune femme n’aura, en revanche, été d’aucune utilité aux enquêteurs. Indiquant tour à tour qu’elle était « traumatisée », « désorientée » et « fatiguée » par toute la polémique, elle a ainsi expliqué que son compagnon ne lui parlait jamais de son travail.

Impossible donc pour elle de dévoiler ce qu’il est advenu du coffre-fort que les policiers n'ont pas retrouvé lors de la perquisition réalisée le 20 juillet. « Ce dont je suis certaine, c’est que lorsque j’ai quitté l’appartement [le 19 juillet], le coffre y était toujours. J’ignore ce qui s’est passé ensuite. » Interrogé à ce propos, Alexandre Benalla avait indiqué avoir envoyé « un ami » récupérer tous les objets de valeur de son domicile. Sans jamais accepter de révéler son identité.