Passeports d’Alexandre Benalla: Le parquet de Paris ouvre une enquête, notamment pour «abus de confiance»

JUSTICE Alexandre Benalla est soupçonné d’avoir conservé et utilisé deux passeports diplomatiques délivrés avant son éviction de l’Elysée…

20 Minutes avec AFP

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Alexandre Benalla, le 19 septembre 2018 devant la Commission d'enquête du Sénat.
Alexandre Benalla, le 19 septembre 2018 devant la Commission d'enquête du Sénat. — Bertrand GUAY / AFP

Le parquet de Paris a ouvert ce samedi une enquête préliminaire, notamment pour « abus de confiance », concernant la non-restitution par Alexandre Benalla de ses deux passeports diplomatiques alors qu’il n’était plus en fonction à l’Elysée, selon un communiqué du procureur Rémy Heitz.

Ce dernier avait été saisi vendredi par le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, après des informations de presse relatives à l’utilisation récente d’un passeport diplomatique par l’ancien collaborateur d’Emmanuel Macron, licencié cet été. L’entourage d’Alexandre Benalla a affirmé que ces passeports lui avaient été restitués « début octobre ».

Les investigations ont été confiées à la Brigade de répression de la délinquance à la personne (BRDP).

Passes d’armes entre l’Elysée et Benalla

Selon Mediapart et Le Monde, Alexandra Benalla a utilisé ces dernières semaines ces passeports pour aller rencontrer des dirigeants en Afrique. Dans un communiqué, la présidence a d’abord affirmé ne disposer « d’aucune information remontée par les services de l’Etat concernés sur l’utilisation par Alexandre Benalla des passeports diplomatiques qui lui avaient été attribués dans le cadre exclusif de ses fonctions à la présidence de la République ».

Le directeur de cabinet d’Emmanuel Macron, Patrick Strzoda, l’avait d’abord sommé de s’expliquer sur « d’éventuelles missions personnelles et privées » menées « comme consultant » alors qu’il était « en fonction à l’Elysée », à la suite des informations de presse sur ses voyages en Afrique.

Ce à quoi Alexandre Benalla a répondu dans un courrier à l’Elysée dont l’AFP a obtenu copie, qu’il n’avait « jamais effectué de missions personnelles et privées » durant ses fonctions à la présidence et n’avoir « a fortiori jamais reçu directement ni indirectement de rémunérations en résultant ». Il affirme par ailleurs ne s’être « jamais prévalu d’une quelconque recommandation ou appui de la présidence de la République dans le cadre de (s) es nouvelles activités, et le prétendre serait purement mensonger » et « diffamatoire ».