Attentats de janvier 2015: Le parquet requiert les assises pour 14 personnes

TERRORISME Le ministère public demande le maintien en détention provisoire jusqu’au procès de dix suspects, un onzième étant assigné à résidence sous bracelet électronique…

T.C. avec AFP

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Le premier «Charlie Hebdo» après l'attentat du 7 janvier 2015. (Illustration)
Le premier «Charlie Hebdo» après l'attentat du 7 janvier 2015. (Illustration) — Gilles Varela
  • Le parquet de Paris a requis un procès aux assises pour 14 personnes impliquées à divers degrés dans ces attentats.
  • Le ministère public demande le maintien en détention provisoire jusqu’au procès de dix suspects, un onzième étant assigné à résidence sous bracelet électronique.
  • Le procès pourrait être organisé en 2020.

C’était il y a presque quatre ans. En janvier 2015, les frères Kouachi et Amedy Coulibaly semaient la mort dans les rues de la capitale. Bilan : 17 morts, des dizaines de blessés. Les auteurs des attaques de Charlie Hebdo, Montrouge et de l' Hyper Cacher ont été tués par les forces de l’ordre. Mais le parquet de Paris demande un procès aux assises pour 14 personnes, soupçonnées à des degrés divers de les avoir aidés, a indiqué le procureur de la République de Paris, Rémi Heitz, dans un communiqué.

Parmi eux, les frères Belhoucine. Mohamed et Medhi étaient partis, quelques jours avant les attaques, pour la zone irako-syrienne avec la compagne d’Amedy Coulibaly, Hayat Boumeddiene, visée, comme eux, par un mandat d’arrêt. Le parquet souhaite que Mohamed, déjà condamné pour sa participation à une filière djihadiste, soit jugé pour « complicité de crime et délits en relation avec une entreprise terroriste ». Les enquêteurs ont établi qu’il est l’auteur du serment d’allégeance au groupe Etat islamique, lu par Coulibaly dans une vidéo de revendication, et qu’il a pu jouer le rôle d’intermédiaire avec un commanditaire. Problème : les deux frères sont présumés morts.

Fourniture d’armes

Hayat Boumeddiene, veuve du terroriste de l’Hyper Cacher, pourrait elle aussi comparaître devant la cour d’assises spécialement composée… à condition que les autorités mettent la main sur elle, si elle est toujours vivante. En effet, le 8 janvier 2015, Amedy Coulibaly, délinquant multirécidiviste de 32 ans, abattait froidement Clarissa Jean-Philippe, une policière municipale stagiaire à Montrouge (Hauts-de-Seine). Au même moment, elle passait la frontière turco-syrienne pour rejoindre vraisemblablement les rangs de Daesh.

Figure également, parmi les individus dont le parquet a requis la mise en accusation, Ali Riza Polat, 33 ans. Ce dernier est mis en cause pour son rôle central, au côté de Coulibaly, dans la fourniture d’armes utilisées pour les attaques. Deux des personnes mises en cause sont particulièrement visées pour leur possible rôle central dans un trafic d’armes. Nezar Pastor Altawik et Mohamed Fares sont soupçonnés d’avoir permis l’obtention par Coulibaly de plusieurs armes, dont un pistolet semi-automatique Tokarev et un fusil d’assaut cz-58, selon une source proche du dossier.

Un procès en 2020 ?

Sur les 18 personnes mises en cause au total dans cette enquête tentaculaire, le parquet requiert un non-lieu pour trois d’entre elles. Un quatrième homme, mineur au moment des faits, a vu son cas disjoint et transmis au parquet de Lille. Le ministère public demande le maintien en détention provisoire jusqu’au procès de dix suspects, un onzième étant assigné à résidence sous bracelet électronique. Lors d’une réunion d’information avec les parties civiles fin septembre, les magistrats antiterroristes avaient évoqué la perspective d’un procès sur environ trois mois en 2020.

Hasard du calendrier, ce réquisitoire daté du 19 décembre a été notifié aux parties au moment de l’annonce de l’arrestation à Djibouti du djihadiste Peter Cherif, proche des frères Saïd et Chérif Kouachi. Une source judiciaire a néanmoins précisé vendredi que Peter Cherif n’était pas visé par un mandat d’arrêt dans l’enquête sur les attentats de janvier 2015 et qu’il n’avait pas été arrêté « dans le cadre d’une procédure judiciaire française ». Le parquet de Paris a néanmoins indiqué à 20 Minutes qu’il suivait « avec attention l’évolution de la situation ».