Double-meurtre de Montigny-lès-Metz: Verdict attendu pour Francis Heaulme jugé en appel

ACCUSE Cyril Beining et Alexandre Beckrich, 8 ans tous les deux, avaient été retrouvés morts sur le bord d’une voie ferrée en 1986…

20 Minutes avec AFP

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Francis Heaulme est jugé pour le meurtre de deux petits garçons en 1986 à Montigny-lès-Metz.
Francis Heaulme est jugé pour le meurtre de deux petits garçons en 1986 à Montigny-lès-Metz. — AFP

La cour d’assises des Yvelines se prononce ce vendredi en appel sur le sort de Francis Heaulme, accusé du meurtre de deux enfants à Montigny-lès-Metz en 1986, un crime pour lequel il a été condamné à la perpétuité en première instance mais qu’il a toujours nié.

« Montigny, c’est pas moi. » Comme lors de son procès en avril 2017, le tueur en série a maintenu son innocence pour les meurtres de Cyril Beining et Alexandre Beckrich, 8 ans, retrouvés au bord d’une voie de chemin de fer le crâne fracassé à coups de pierre dans cette ville de la périphérie de Metz.

Patrick Dils victime d’un « aveuglement collectif »

« S’ils sont morts c’est qu’ils ont croisé celui qu’il ne fallait pas », a estimé jeudi l’avocat général Guirec Le Bras, debout face à Francis Heaulme, qui purge des peines pour neuf meurtres. Le magistrat a appelé la cour à donner « définitivement un visage à celui qui a fait disparaître les enfants », requérant la réclusion criminelle à perpétuité à l’encontre du « routard du crime ».

Pourtant, ce visage a longtemps été celui de Patrick Dils. Celui d’un adolescent mal dans sa peau, condamné pour ce double crime en 1989 puis acquitté en 2002 à la faveur de la révision de son procès, après 15 ans en prison. « Lorsque la justice s’est fourvoyée, égarée, dans ce que mon collègue a appelé un "aveuglement collectif", il nous faut le reconnaître », a souligné Olivier Mesrine, l’autre avocat général de ce procès.

Les familles épuisées et divisées

Au cours des trois semaines d’audience, la cour a dû lutter contre le temps et la distance qui la séparaient du crime. Une vingtaine de témoins ne se sont pas présentés, beaucoup d’autres ont été entendus en visioconférence, peinant à rassembler leurs souvenirs. A ces obstacles s’est ajoutée l’absence de preuve matérielle, les scellés ayant été détruits en 1995 par le parquet général de Metz, empêchant toute investigation scientifique.

Sans preuve matérielle ni aveu, l’accusation s’est reposée sur un faisceau d’indices pour tenter de convaincre la cour. « L’ADN n’est pas la reine des preuves, pas plus que l’aveu », a balayé Guirec Le Bras. En face, la plupart du temps, les bancs des parties civiles sont restés vides, les familles étant épuisées par 32 ans de procédure. Et ce sixième procès les divise : Chantal Beining, la mère de Cyril, qui a poussé pour qu’il advienne, aimerait voir l’aboutissement de son « combat ». A l’inverse, la famille Beckrich, marquée par les aveux ensuite rétractés de Patrick Dils, rejette ce qu’elle appelle un « coupable de substitution ».