Nice: Le procureur de la République perquisitionné à son domicile dans l'affaire du Negresco

JUSTICE L’enquête porte sur des soupçons d’atteinte à la probité…

M.F. avec AFP

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Le procureur de la République de Nice Jean-Michel Prêtre
Le procureur de la République de Nice Jean-Michel Prêtre — F. Binacchi / ANP / 20 Minutes

Il a vu arriver chez lui ses « collègues ». Le procureur de la République de Nice Jean-Michel Prêtre a été perquisitionné ce mercredi matin à son domicile, a-t-il confirmé à 20 Minutes, corroborant une information du Parisien.

La visite des juges d’instruction et des policiers de l’office anticorruption s’effectuaient en rapport avec l’enquête sur la succession du Negresco, un palace de la promenade des Anglais dont la gestion est confiée à une administratrice depuis 2013 et le placement sous tutelle de son illustre propriétaire Jeanne Augier, 95 ans.

Pas de placement en garde à vue

L’enquête est ouverte pour des soupçons d’atteinte à la probité, selon Le Parisien. La perquisition n’a cependant pas débouché sur le placement en garde à vue du procureur.

« C’est la preuve que la justice est a même de pouvoir investiguer sur ses propres dossiers », a réagi Jean-Michel Prêtre ce mercredi après-midi en précisant d’avoir « pas connaissance du fonds du dossier »

Sauvegarde de l’établissement

Les enquêteurs cherchent à savoir si Jean-Michel Prêtre aurait pu, en saisissant le tribunal de commerce en 2017, avoir outrepassé ses pouvoirs voire favorisé un candidat repreneur, selon Le Parisien. L’hôtel est géré par une administratrice judiciaire, Me Nathalie Thomas, depuis 2013 et le placement sous tutelle de la propriétaire Jeanne Augier. C’est le procureur de Nice lui-même qui avait encouragé la sauvegarde de l’établissement quand la justice a commencé à soupçonner des manœuvres autour de Mme Augier pour capter l’hôtel. Un administrateur, Pierre Couette, trentenaire et spécialiste d’histoire de l’art, est mis en examen dans ce dossier pour abus de faiblesse.

Quatre ans plus tard, estimant que ce n’était pas le rôle d’une administratrice judiciaire de gérer éternellement un hôtel de ce gabarit, le procureur avait saisi le tribunal de commerce pour décider de la suite. Une intervention vécue comme une prévente déguisée par la direction et les salariés.