«Gilet jaune»: Eric Drouet visé par une enquête après son appel à «rentrer» dans l'Élysée

MANIFESTATION Interrogé, mercredi soir sur BFMTV, ce qu’il comptait faire samedi une fois devant l’Elysée, il avait répondu « on rentre dedans »… 

20 Minutes avec AFP

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Eric Drouet le 27 novembre 2018 en sortant du ministère de l'Ecologie.
Eric Drouet le 27 novembre 2018 en sortant du ministère de l'Ecologie. — AFP

Il avait appelé à « rentrer » dans l’Elysée, samedi, lors de « l’acte 4 » de la mobilisation des « gilets jaunes ». Eric Drouet, l’un des initiateurs du mouvement, est visé par une enquête pour « provocation à la commission d’un crime ou d’un délit » et « organisation d’une manifestation illicite », a annoncé une source du parquet de Paris, ce vendredi.

Selon cette source, qui confirmait une information de BFMTV, le parquet a reçu jeudi un signalement du préfet de police de Paris visant des propos d’Eric Drouet tenus la veille sur la chaîne d’informations en continu. Interrogé, mercredi soir sur BFM TV, ce qu’il comptait faire samedi une fois devant l’Elysée, il avait répondu « on rentre dedans ».

« J’ai jamais dit que je voulais aller à l’Elysée pour tout casser mais pour se faire entendre »

Le « gilet jaune » sera entendu dans le cadre de ces investigations et devra « préciser la portée des propos qu’il a tenus », a indiqué une source proche de l’enquête. Dans une vidéo postée jeudi sur Facebook, il s’est défendu d’avoir appelé à commettre des violences.

« Je vois tout ce qui se dit comme quoi je serais un anarchiste, je voudrais remettre les choses au clair », y déclarait-il. « J’ai jamais dit que je voulais aller à l’Elysée pour tout casser mais pour se faire entendre. Les seuls interlocuteurs qu’on a, ce sont des ministres, le Premier ministre ou des secrétaires d’Etat mais jamais le président. Donc c’était plutôt pour le symbole », expliquait-il.

Un dispositif « exceptionnel », avec 89.000 membres des forces de l’ordre mobilisés

A la veille de l'« acte IV » du mouvement des « gilets jaunes », l’alerte maximale est décrétée en France. Le gouvernement a décidé de déployer un dispositif « exceptionnel », avec 89.000 membres des forces de l’ordre mobilisés dans tout le pays, dont 8.000 à Paris, pour tenter d’éviter les mêmes scènes d’émeutes que le samedi 1er décembre.

Le procureur de Paris, Rémy Heitz, a annoncé vendredi avoir pris des réquisitions afin de permettre aux policiers d’interpeller samedi des personnes venues « en découdre avec les forces de l’ordre ». « Notre devoir, c’est d’adapter notre réponse pour faire en sorte qu’elle fasse reculer le sentiment d’impunité et que justice passe », a-t-il estimé sur RTL.