Meurtre d'Alexia Daval: Jonathann Daval face à sa belle-famille pour une confrontation décisive

ENQUETE Depuis juin, Jonathann Daval accuse sa belle-famille d’avoir conclu un « pacte secret » pour couvrir Grégory Gay qu’il accuse désormais d’avoir commis le meurtre... 

20 Minutes avec AFP

— 

Jonathann Daval, le 2 novembre 2017, lors d'une conférence de presse aux côtés de la famille d'Alexia
Jonathann Daval, le 2 novembre 2017, lors d'une conférence de presse aux côtés de la famille d'Alexia — SEBASTIEN BOZON / AFP

Jonathan Daval va-t-il faire volte-face ? Alors qu’il les accuse désormais du meurtre de sa femme Alexia, l’informaticien de 34 ans  doit être confronté à sa belle-famille, ce vendredi matin, au tribunal de Besançon. C’est la deuxième fois en huit jours que Jonathann Daval, détenu depuis janvier dernier, se retrouvera dans le cabinet du juge d’instruction Rodolphe Uguen-Laithier.

Il va être confronté, tour à tour, à son beau-frère, Grégory Gay, à la sœur d’Alexia, Stéphanie Gay, puis à ses beaux-parents, Isabelle et Jean-Pierre Fouillot. Ces quatre confrontations, qui débuteront autour de 9 heures, dureront au moins une demi-heure chacune, en présence des avocats des uns et des autres, sont « pour lui sa dernière chance de dire toute la vérité », estime Me Gilles-Jean Portejoie, conseil de la sœur et du beau-frère d’Alexia.

La thèse d’un « pacte secret »

Quand il signale la « disparition » de sa femme fin octobre 2017, Jonathann Daval commence par pleurer à chaudes larmes sur l’épaule de ses beaux-parents. Ses pleurs redoublent d’intensité quand le corps d’Alexia est retrouvé deux jours plus tard en partie brûlé dans un bois, non loin de leur maison de Gray-la-Ville (Haute-Saône). Mais fin janvier, les enquêteurs acquièrent la conviction que l’employée de banque de 29 ans n’est en fait jamais partie faire son footing.

Face aux « éléments accablants » qu’ils ont réunis, notamment l’utilisation dans la nuit de sa voiture professionnelle, Jonathann est arrêté et avoue en garde à vue l’avoir étranglée lors d’une dispute. En juin, il revient sur ses aveux, accusant sa belle-famille d’avoir conclu un « pacte secret » pour couvrir Grégory Gay qu’il accuse désormais d’avoir commis le meurtre, lors d’une « crise » de sa femme au domicile de ses beaux-parents.

Les époux Fouillot et Gay restent parties civiles

Des accusations maintenues la semaine passée lors de son interrogatoire de plus de quatre heures par le juge Uguen-Laithier. Nullement inquiétés par la justice depuis, les époux Fouillot et Gay demeurent parties civiles, et c’est à ce titre qu’ils ont réclamé les confrontations avec Jonathann Daval. « Tout cela a beaucoup blessé mes clients, mais ils sont aussi très déterminés à ce que rien ne reste dans l’ombre », affirme l’avocat de Grégory et Stéphanie Gay.

Les échanges pourraient également apporter quelques réponses sur les zones d’ombre du dossier. Pourquoi Alexia portait-elle des traces de coups au visage, outre la strangulation ? Qui a tenté de brûler son corps ? L’auteur du meurtre a-t-il bénéficié d’une complicité, notamment pour déplacer le cadavre ? Le meurtre était-il prémédité ? Dans une enquête qui compte déjà 42 expertises, un transport sur les lieux de la découverte du corps est désormais souhaité par les parties.

« Il va y avoir une grosse tension émotionnelle »

A l’approche de ces confrontations, premières rencontres avec sa belle-famille depuis qu’il l’accuse, Jonathann Daval, incarcéré à la maison d’arrêt de Dijon, « est tendu », a reconnu l’un de ses avocats, Me Randall Schwerdorffer. « Il va y avoir une grosse tension émotionnelle », souligne-t-il. Une tension qui pourrait concourir à la vérité dans ce dossier « pas comme les autres, qui cristallise l’opinion publique ».

Devant le magistrat instructeur qui posera les questions, les protagonistes ne seront pas face-à-face mais côte à côte, séparés par leurs avocats respectifs qui pourront également intervenir dans les échanges. « S’il doit se passer quelque chose entre les personnes confrontées, ce sera (vendredi). Si rien ne se passe, il faudra sans doute attendre le procès », anticipe Me Schwerdorffer.