Marseille: L'un des règlement de comptes les plus marquants jugé à partir de ce lundi

REGLEMENT DE COMPTES A MARSEILLE Un procès autour d’un règlement de compte très violent dans le tunnel du Vieux-Port à Marseille s’ouvre ce lundi…

Adrien Max
— 
C'est à la sortie de ce tunnel que Mohamed Mhoumadi, alias «Babouin» a été assassiné avec son lieutenant Anthony Costa en 2015.
C'est à la sortie de ce tunnel que Mohamed Mhoumadi, alias «Babouin» a été assassiné avec son lieutenant Anthony Costa en 2015. — P.MAGNIEN / 20 MINUTES
  • Le procès autour d’un règlement de compte dans le tunnel du Vieux-Port en 2015 s’ouvre ce lundi à Marseille.
  • Sept prévenus, dont des membres de bandes rivales, sont sur le banc des prévenus.

L’un des épisodes les plus marquants dans la guerre du trafic de stupéfiants à Marseille. A partir de ce lundi s’ouvre le procès de sept personnes poursuivies pour « association de malfaiteurs en vue de commettre un meurtre », au tribunal correctionnel de Marseille.

Parmi elles, deux occupants d’une voiture dans laquelle Mohamed Mhoumadi alias « Babouin », l’un des membres du clan des « Gitans », avait été pris pour cible avant d’être froidement abattu, dans la nuit du 9 au 10 novembre 2015. Cinq autres personnes, soupçonnées d’avoir « balisé » la voiture de leurs rivaux, pour le compte du camp des « Blacks », seront également sur le banc des prévenus, à côté de leurs rivaux. « Ça promet », prévient d’ailleurs l’un des avocats.

Balise GPS et coup de crosse

Les clans des « Gitans », incarnés par la famille Bengler et celui des « Blacks », autour de la famille Ahamada, se livrent une guerre pour le contrôle de point de revente de stupéfiants depuis plusieurs années à Marseille. Pas moins d’une vingtaine de règlements de comptes seraient à leurs actifs, au terme de match « aller-retour », comme les qualifient les enquêteurs, dont celui du tunnel du Vieux-Port.

Une course-poursuite s’était engagée entre deux véhicules à l’intérieur du tunnel du Vieux-Port, avant que « Babouin » ne soit assassiné par des tirs de kalachnikov, aux côtés de son lieutenant Anthony Costa. Ses assaillants n’hésitant pas à assener plusieurs coups de crosse sur le crâne de « Babouin », alors qu’il était déjà mort.

La veille, il avait repéré des hommes à proximité de son domicile, avant de découvrir une balise GPS accrochée sur son véhicule. Face à l’assaut à coups de kalachnikov dans le tunnel, les co-passagers de « Babouin » avaient répliqué avec des armes de poing.

Tribunal correctionnel plutôt que cour d’assises

C’est pour cette raison que tous sont poursuivis pour « association de malfaiteurs ». Certains avocats regrettent d’ailleurs la qualification des faits, jugée par le tribunal correctionnel, alors qu’au départ ils étaient qualifiés de « meurtre en bande organisée ou complicité d’assassinat », des préventions passibles des assises.

Sauf que les juges ont le plus grand mal à apporter des preuves concrètes de leur implication à cause des techniques employées par les bandes rivales. Devant les assises, le risque d’un acquittement serait trop grand. Les juges professionnels des tribunaux correctionnels ont, au contraire, l’habitude de ces dossiers. Le procès doit se tenir jusqu’au lundi 10 décembre.