Meurtre d’Alexia Daval: Son mari Jonathann attendu dans le bureau du juge pour se fixer sur une version

INSTRUCTION Un an après la découverte du corps d’Alexia, son mari, qui a avoué le meurtre puis s’est rétracté, est convoqué par le juge d’instruction à Besançon jeudi…

Vincent Vantighem

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Jonathann Daval, époux de Alexia, et les parents de la jeune femme tuée, le 8 novembre 2017 à Notre-Dame de Gray pour une cérémonie (Haute-Saône)
Jonathann Daval, époux de Alexia, et les parents de la jeune femme tuée, le 8 novembre 2017 à Notre-Dame de Gray pour une cérémonie (Haute-Saône) — SEBASTIEN BOZON / AFP
  • En janvier, Jonathann Daval avait avoué le meurtre de sa femme, Alexia.
  • Fin juin, il avait fait volte-face accusant alors sa belle-famille.
  • Ce jeudi, il va devoir répondre aux questions du juge d’instruction.

Il va sûrement devoir parler de sa vie, de sa voiture de fonction, de ses problèmes d’impuissance et peut-être même aussi du bouchon d’une bombe aérosol. Suspect numéro un du meurtre de sa femme Alexia, Jonathann Daval doit être entendu, ce jeudi à partir de 10 heures, par le juge d’instruction en charge du dossier au tribunal de Besançon (Doubs).

Plus d’un an après la découverte du corps en partie carbonisé d’Alexia dans un sous-bois de Gray-la-Ville (Haute-Saône), l’objectif du rendez-vous est de permettre à Jonathann Daval de se fixer sur une version des faits, après de multiples volte-face. Veuf éploré par la disparition de sa femme au début de l’affaire, cet informaticien de 34 ans avait trahi la compassion nationale à son égard en avouant, finalement en janvier, l’avoir « accidentellement » étranglée, tout en niant avoir brûlé son cadavre.

La théorie du « pacte secret », selon Jonathann

A cette époque, son médiatique avocat, Randall Schwerdorffer, n’avait pas manqué de préciser qu’il n’avait « impliqué personne d’autre » dans le meurtre de sa conjointe quand il était passé aux aveux. Seulement voilà, le 26 juin devant l’expert psychiatre, puis début juillet devant le juge, il était revenu sur ses déclarations, précisant que sa femme avait en réalité été étranglée par son beau-frère, Grégory Gay, au domicile des parents d’Alexia. Selon lui, tous auraient ensuite conclu « un pacte secret » pour dissimuler les faits, a-t-il lâché au psychiatre selon un rapport dont 20 Minutes a pu prendre connaissance.

Mais cette version ne colle pas avec les investigations menées depuis par les enquêteurs et sur lesquelles Jonathann Daval devrait être interrogé, ce jeudi. Un exemple ? S’il n’a pas brûlé le cadavre, comment se fait-il que les enquêteurs aient retrouvé sur la scène de crime le bouchon d’une bombe aérosol ayant vraisemblablement servi à la combustion et qui lui appartenait ?

Une double confrontation avec les parents d’Alexia

Signe de la tension exacerbée dans ce dossier, Grégory Gay a récemment alerté les médias sur la découverte d’un cheveu de la mère de Jonathann Daval dans sa voiture de fonction ayant servi à transporter le corps. D’un seul coup, celle-ci a dû démentir être la complice de son fils dans une interview surréaliste à BFM TV alors qu’aucun juge ne l’avait convoquée.

Car « cet élément n’a pas été jugé significatif » par les enquêteurs. Et pourtant, les parties civiles aimeraient tout de même que le juge d’instruction questionne le suspect sur cet élément. S’il ne le faisait pas, les proches d’Alexia auront encore l’occasion de le faire directement lors d’une confrontation, prévue le 7 décembre.​

Il s’agirait, selon une source bien informée, des derniers actes d’instruction dans cette affaire. Le procès pourrait ainsi intervenir dès l’année prochaine. Si Jonathann Daval est renvoyé devant une cour d’assises du chef de « meurtre sur conjoint », il encourrait alors une peine de réclusion criminelle à perpétuité.