Jean-Marie Le Pen condamné à verser plusieurs milliers d'euros après des propos sur les homosexuels

AMENDE Le cofondateur du Front national a également été condamné pour provocation à la haine ou à la violence pour l’une de ces sorties…

20 Minutes avec AFP

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Jean-Marie Le Pen à Luxembourg, le 23 novembre 2017.
Jean-Marie Le Pen à Luxembourg, le 23 novembre 2017. — JOHN THYS / AFP

Poursuivi pour des propos visant les homosexuels et notamment le policier tué dans l’attentat des Champs-Élysées en 2017, le cofondateur du Front national, Jean-Marie Le Pen, a été condamné, ce mercredi à Paris, à une amende et à verser plusieurs milliers d’euros de dommages et intérêts.

L’eurodéputé, coutumier des provocations et des poursuites judiciaires, a été condamné pour injure publique envers les homosexuels pour trois séries de propos, mais aussi pour provocation à la haine ou à la violence pour l’une de ces sorties.

Des dommages et intérêts à verser à l’association Mousse

« Je crois que la pédophilie, qui a trouvé ses lettres de noblesse… interdites, mais tout de même, dans l’exaltation de l’homosexualité, met en cause toutes les professions qui approchent l’enfance et la jeunesse », avait-il déclaré en mars 2016, dans son « Journal de bord » vidéo sur son blog, ce qui lui valut d’être condamné pour injure. En décembre 2016, interrogé par Le Figaro sur la représentation des homosexuels au sein du FN, il avait estimé que « les homosexuels, c’est comme le sel dans la soupe : s’il n’y en a pas assez c’est un peu fade, s’il y en a trop c’est imbuvable ».

Une injure mais aussi une provocation à la haine, a estimé le tribunal. Pour ces deux séries de propos, l’ancien tribun a été condamné à 40 jours-amendes à 10 euros, soit 400 euros d’amende avec possibilité d’emprisonnement en cas de non-paiement. Il devra verser 2.000 euros de dommages et intérêts à l’association Mousse, qui lutte contre les discriminations homophobes et sexistes et qui avait porté plainte, ainsi que 2.000 euros au titre des frais de justice.

Jean-Marie Le Pen va faire appel de cette décision

L’ex-dirigeant frontiste était également jugé pour avoir commenté en avril 2017 les obsèques du policier tué dans un attentat djihadiste sur les Champs-Élysées, Xavier Jugelé, au cours desquelles son compagnon s’était exprimé. « Je pense que cette particularité familiale doit être tenue à l’écart de ce genre de cérémonie, qui gagnerait d’ailleurs à plus de discrétion », avait affirmé Jean-Marie Le Pen dans le même « Journal de bord ».

Pour cela, il a été condamné pour injure à une deuxième peine de 40 jours-amendes à 10 euros, ainsi qu’à verser 5.000 euros de dommages et intérêts à l’époux de Xavier Jugelé, Étienne Cardiles, partie civile, et 2.000 euros au titre des frais de justice. L’avocat de Jean-Marie Le Pen, Frédéric Joachim, a indiqué qu’il allait faire appel.