Marseille: Un collectif dénonce «la violence quotidienne» envers les cyclistes après l'agression d'un de leurs salariés

TRANSPORT Le jour du Tour de France, un cycliste a été frappé à Marseille après avoir photographié des personnes qui entravaient une piste cyclable... 

Mathilde Ceilles

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Une piste cyclable (illustration).
Une piste cyclable (illustration). — M.LIBERT/20 MINUTES
  • Le tribunal de correctionnel de Marseille se penche sur l’agression d’un cycliste à Marseille.
  • Le collectif Vélos en ville s’est constitué partie civile.
  • Il estime que cette agression est le reflet d’une « violence quotidienne » envers les cyclistes marseillais.

Ce lundi, à la barre du tribunal correctionnel de Marseille, Cyril Pimentel reviendra sur la triste journée du 22 juillet 2017. C’était le jour du passage du Tour de France. Ce salarié du collectif Vélos en Ville se rend au Vélodrome, où il doit tenir un stand dans le cadre de son travail. Bien sûr, comme pour tous ses déplacements, il enfourche sa bicyclette.

« Arrivé au niveau du rond-point du Prado, je vois que des tables du snack qui est là sont sur la piste cyclable, explique-t-il. Je fais donc une photo, comme je fais tous les jours. En principe, on ne publie pas les photos, mais avec le collectif, ces clichés sont à usage interne, pour pouvoir travailler avec les services de la ville par exemple. »

« Je me fais tabasser »

Le cycliste s’apprête à repartir. « Mais dans mon dos, je me fais tabasser par deux personnes jusqu’à ce que je prenne la fuite », affirme Cyril Pimentel. Selon lui, ces agresseurs sont les gérants du snack. Le Marseillais en sort avec une journée d’ITT, des bleus et une minerve pour les cervicales, après un passage aux urgences.

Deux personnes ont été arrêtées et comparaissent devant le juge ce lundi pour violences volontaires avec incapacité de travail inférieure à huit jours. La justice a également retenu la circonstance aggravante de faits commis en réunion. Dans ce procès, outre Cyril Pimentel, le collectif Vélos en ville s’est constitué partie civile.

« Violence quotidienne envers les cyclistes »

Et pour cause : l’agression de leur salarié serait selon eux la partie immergée de l’iceberg. Dans un communiqué, le collectif affirme qu’à Marseille subsiste une « violence quotidienne envers les cyclistes ». « Tous les jours, des cyclistes sont victimes des problèmes d’aménagement urbain à Marseille. »

Leur avocat, Me Valentin Lauret, voit ainsi en cette audience le procès de la place des cyclistes à Marseille, en queue de classement des villes favorables à la pratique du vélo. « Certes, sur le plan pénal, on ne peut pas plaider l’intérêt collectif. Mais il faut dire aujourd’hui que celui qui fait du vélo à Marseille se fait insulter, bousculer, ou du moins est en danger. C’est une question de politique d’aménagement et de respect de ces aménagements qui sont parfois mal pensés. »

Me Valentin Lauret l’affirme en effet : depuis la médiatisation de l’affaire, il y a quelques mois, le collectif aurait en effet reçu de nombreux témoignages d’agressions de cyclistes marseillais, similaires à celle de Cyril Pimentel. L’ampleur du phénomène serait telle que le collectif songe à se doter d’un pôle judiciaire à destination de ces victimes. Contacté, l’avocat de la défense n’a pas donné suite à nos sollicitations.

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