Cannes: Jusqu'à trois ans de prison requis contre quatre hommes accusés d'avoir voulu vendre de l'ivoire avec de faux certificats

PROCES Des amendes de 20 à 40.000 euros ont aussi été réclamées pour les quatre prévenus...

F.B. avec AFP

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Deux défenses d'éléphant avaient été proposées à la vente (illustration)
Deux défenses d'éléphant avaient été proposées à la vente (illustration) — Tony Karumba AFP
  • Des peines de 30 mois à 3 ans de prison ont été requises à l’encontre de quatre hommes poursuivis pour avoir tenté de vendre des défenses d’éléphant avec de faux certificats.
  • Les deux pièces d’ivoire avaient finalement été retirées du catalogue de la salle des ventes de Cannes après que le commissaire-priseur a flairé la fraude.
  • La représentante du parquet a également requis des amendes allant de 20 à 40.000 euros, le jugement a été mis en délibéré au 11 décembre.

C’est le commissaire-priseur qui avait flairé la fraude. Quatre hommes accusés d’avoir voulu écouler deux défenses d’éléphant avec de faux certificats, en 2013 dans une salle des ventes de Cannes, étaient jugés par le tribunal correctionnel de Grasse mardi. Des peines de 30 mois à trois ans de prison ont été requises à leur encontre. Le jugement a été mis en délibéré au 11 décembre.

Prévues pour être mises à prix 30.000 euros pour l’une et 8.000 euros pour l’autre, les pièces d’ivoire pesaient 110 kg au total. Elles avaient finalement été retirées de la vente.

Deux antiquaires et des intermédiaires

« On m’a proposé des certificats, qui pour moi étaient bons, il y avait un en-tête », s’est défendu à la barre Jean Roger, 78 ans, principal protagoniste du dossier avec son ami antiquaire, Auguste Combes, tous deux issus de la communauté des gens du voyage.

Le septuagénaire affirme aujourd’hui que les défenses lui venaient de son père. Il est soupçonné d’avoir mêlé à l’affaire deux intermédiaires pour tenter de récupérer l’ivoire avec d’autres certificats, notamment un importateur parisien Gérard Sawicka, 66 ans.

« C’est l’histoire d’un trafic ordinaire, sauf qu’il y a quand même des faux documents pour tenter de commercialiser illégalement une paire de défenses d’un très gros modèle, donc un éléphant très vieux, très gros, qui a été abattu on ne sait pas quand », a décrit un inspecteur de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS).

« Il faut donner un signal fort pour que cesse ce trafic »

Jean-Claude Menjoulet a rappelé à l’audience que la législation sur l’ivoire s’est durcie au fil des ans pour tenter de décourager le braconnage dans les pays d’origine, en Afrique notamment. « Vous avez le droit de détenir de l’ivoire mais la loi interdit la revente sauf à avoir une documentation très contraignante », ajoute-t-il. Il faut pouvoir produire des photos attestant de l’acquisition ou de l’importation de l’ivoire avant certaines dates.

A l’audience, la représentante du parquet a également requis des amendes allant de 20 à 40.000 euros contre les quatre prévenus, indiquant : « Il faut donner un signal fort pour que cesse ce trafic ». Les avocates de la défense ont de leur côté plaidé la relaxe et tenté de démontrer qu’il n’y avait eu aucune intention de frauder.