VIDEO. Grenoble: L'étudiant de 19 ans, qui avait lancé un «appel à la purge», sera jugé ce mercredi

PROCÈS Il va plaider la «blague de potache» qui l’a dépassé…

Caroline Girardon

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Les règles de la "purge"
Les règles de la "purge" — Capture d'écran Twitter
  • Un jeune de 19 ans sera jugé ce mercredi après-midi devant le tribunal correctionnel de Grenoble pour avoir lancé un « appel à la purge » le soir d’Halloween.
  • Le ministre de l’Intérieur a porté plainte.
  • Décrit comme un garçon ayant « eu un parcours sans embûche », l’étudiant parle d’une mauvaise blague qui l’a dépassée.

Tout serait parti d' «une blague de potache ». Un étudiant de 19 ans sera jugé ce mercredi devant le tribunal correctionnel de Grenoble pour avoir lancé sur les réseaux sociaux « un appel à la purge » la nuit du 31 octobre. Le parquet le poursuit pour « provocation publique d’atteinte volontaire à la vie et à l’intégrité physique des personnes ».

Sous le pseudonyme « Aissabcl », le jeune homme avait envoyé des messages sur Snapchat afin d’inciter « tous les mecs de Grenoble » à se rebeller, le soir d’Halloween. Sans pour autant mentionner les forces de l’ordre.

« Tous les coups sont permis : toutes les zones et les quartiers montent une équipe. Quand deux équipes se croisent, obligé de s’affronter », écrivait-il, faisant ainsi un clin d’œil aux films d’horreur américains « Americain Nightmare ». Avant de réaliser que la plaisanterie était allée trop.

« Tu fais des blagues au pif sur Snap et tu retrouves l’homme le plus recherché de France ».

« Tu fais des blagues au pif sur Snap et tu retrouves l’homme le plus recherché de France pour une stupide purge qui n’aura jamais lieu », écrivait le lendemain l’auteur, qui a depuis supprimé ses comptes sur les réseaux sociaux.

Trop tard, la machine s’est déjà emballée. Les internautes se déchaînent, instaurent à leur tour des règles de jeu : sanctionner les policiers « en leur tirant dessus » ou « attaquer toutes les structures de l’Etat ». Lui tente de calmer jeu en se dévoilant, précise que ceux qui prendraient les choses aux sérieux sont des « fous ».

Il publie des rectificatifs dans ses stories, postes des vidéos sur Twitter pour mettre les choses au point : « Si j’ai un message à vous faire passer, c’est que c’était une grosse blague » ou « Ne faites absolument rien, ça ne sert à rien ». Qu’importe, il se retrouve en garde à vue quelques heures plus tard après s’être rendu de lui-même au commissariat. Le ministère de l’Intérieur porte plainte contre lui.

Un jeune homme avide de notoriété

« Il n’a eu jusque-là aucun démêlé avec la justice. Son parcours est sans embûche. C’est un jeune homme sérieux qui poursuit des études d’éco-gestion », rappelle Ronald Gallo, son avocat. « Cette mauvaise blague l’a dépassée. Il a vu que ça prenait, il a tenté de se faire connaître et d’avoir un grand nombre de personnes le suivant sur les réseaux », plaide l’homme de, loi dressant le portrait d’un jeune avide de notoriété.

« C’est un passionné des réseaux sociaux. Il avait déjà posté de nombreuses vidéos, contacté des équipes télévisées pour que l’on parle de lui. Pour lui, c’était moyen facile de se faire connaître. Il n’a jamais pensé que cela prendrait une telle ampleur ni que cela le dépasserait », conclut-il.