Attentats de janvier 2015: L'enquête des juges est terminée, un procès attendu en 2020

TERRORISME Les quinze personnes mises en examen dans l’enquête sur ces attentats nient avoir eu connaissance du projet terroriste...

20 Minutes avec AFP
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Un graffiti
Un graffiti — JOEL SAGET / AFP

Près de quatre ans après les attentats djihadistes de janvier 2015 à Paris, les juges d’instruction ont terminé leurs investigations. La fin de l’enquête ouvre la voie à un procès aux assises en 2020 pour les attaques de Charlie Hebdo, Montrouge et de l’Hyper cacher qui ont fait 17 morts.

Les magistrats antiterroristes ont notifié lundi aux parties la fin de leur enquête, d’après une source judiciaire, confirmant une information de France Inter. Quinze personnes, dont onze sont toujours en détention provisoire selon cette source, ont été mises en examen dans l’enquête sur ces attentats. Toutes nient avoir eu connaissance du projet terroriste.

Trois suspects toujours recherchés

Le parquet de Paris doit prendre d’ici un mois ses réquisitions sur leur éventuel renvoi aux assises avant la décision finale des juges. Trois suspects, dont un possible commanditaire et la compagne d’un des assaillants, sont par ailleurs toujours visés par des mandats d’arrêts.

Le 7 janvier 2015, les frères Chérif et Saïd Kouachi, des islamistes radicaux, avaient tué 12 personnes dans l’attaque du journal satirique Charlie Hebdo avant d’être abattus deux jours plus tard par des gendarmes du GIGN. Le lendemain, Amedy Coulibaly avait tué Clarissa Jean-Philippe, une policière municipale à Montrouge (Hauts-de-Seine), près de Paris. Le 9 janvier, il avait ensuite tué quatre hommes, tous juifs, dans la prise d’otages de l’Hyper Cacher, dans l’Est parisien, avant d’être tué dans un assaut policier, juste après les frères Kouachi.

Un procès « frustrant »

Très vite, des connexions avaient été établies entre les trois hommes. Leur passé ramène les enquêteurs à la filière des Buttes-Chaumont, groupe radical islamiste du Nord-Est parisien démantelé en 2005. Mais les policiers peinent à établir comment ils se sont coordonnés. Les juges pensent toutefois avoir obtenu des avancées sur le rôle de possibles commanditaires et les conditions dans lesquelles les tueurs ont obtenu leurs armes.

Dans le meilleur des cas, le procès pourrait se dérouler durant trois mois environ en 2020. « Ce sera forcément un procès frustrant, où il manquera les principaux protagonistes et les commanditaires », avait estimé fin septembre Jean Reinhart, avocat de la veuve d’une des victimes de Charlie Hebdo.