VIDEO. Jugés pour des viols et agressions sexuelles en réunion, Georges Tron et Brigitte Gruel sont acquittés

VERDICT Sept ans après le début de l’affaire, Georges Tron et son ancienne adjointe à la culture à la mairie de Draveil, Brigitte Gruel ont été acquittés ce jeudi…

Caroline Politi

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Georges Tron arrive à la cour d'assises de Seine-Saint-Denis.
Georges Tron arrive à la cour d'assises de Seine-Saint-Denis. — Thomas SAMSON / AFP
  • Georges Tron et Brigitte Gruel étaient jugés depuis quatre semaines pour des viols et agressions sexuelles en réunion sur deux anciennes employées de la mairie de Draveil.
  • Mercredi, l’avocat général avait requis six ans de réclusion contre Georges Tron et quatre ans sur son ancienne adjointe.
  • Ils ont toujours nié les faits qui leur sont reprochés et le bénéfice du doute leur a profité, la cour estimant que les éléments à charge étaient « insuffisants ».

Il a accueilli le verdict comme il a été tout au long des quatre semaines d’audience devant la cour d’assises de Seine-Saint-Denis : presque impassible, esquissant à peine un sourire. Ses soutiens, eux, n'ont pas pu s'empêcher d'applaudir. Ce jeudi, après cinq heures de délibération, Georges Tron et son ancienne adjointe à la culture, Brigitte Gruel, ont été acquittés des viols et agressions sexuelles en réunion pour lesquels ils étaient jugés. Le bénéfice du doute a profité aux deux accusés, la cour estimant que les éléments à charge étaient « insuffisants ».

Un climat général « hypersexualisé »

Certes, au sein de la mairie de Draveil, « le climat général était hypersexualisé », a exposé le président de la cour d’assises, Philippe Coirre, dans ses motivations. La cour a estimé que Georges Tron et Brigitte Gruel avaient « participé à des ébats sexuels en présence de tiers » et que les scènes à caractère sexuel exposées par les plaignantes, anciennes employées de l'Hôtel de ville, étaient « avérées ». Mais ces dernières n’ont « pas rapporté la preuve d’une situation de contrainte » que les accusés auraient pu percevoir, a poursuivi le magistrat.

Ainsi, la cour d'assises a noté qu’Eva Loubrieu avait échangé par textos des « propos affectueux » avec Georges Tron et que leur proximité était relevée par de nombreux employés de la mairie de Draveil. Quant à la question de la contrainte, la plaignante ayant elle-même indiqué avoir fait semblant de jouir « on pouvait donc imaginer qu’elle était consentante ». Au sujet de Virginie Ettel, qui s’est évanouie quelques secondes après que l’audience a été levée, la cour a relevé qu’elle était dans une logique de « solitude affective » après une rupture et avait déjà menti sur plusieurs sujets. Pour les deux femmes, l’hypothèse d’une vengeance, l’une après son licenciement, l’autre après un changement de poste, a été évoqué. 

« Ce n’est pas une victoire de la défense, c’est une victoire de la justice », s’est félicité Eric Dupond-Moretti, l’avocat de l’édile à la sortie de l’audience, rappelant que depuis sept ans, son client avait été « moqué », « privé de sa carrière ». Me Frank Natali, qui assiste Brigitte Gruel depuis que l’affaire a éclaté, a assuré qu’elle n’aspirait désormais qu’à une chose : « retrouver les siens et sa famille ». Le parquet a dix jours pour faire appel.

Entre quatre et six ans requis

La cour n'a donc pas suivi les réquisitions de l'avocat général, Frédéric Bernardo. Mercredi, le parquetier avait fait part de sa « conviction », acquise au cours des quatre semaines d’audience, de la culpabilité du maire de Draveil et de son ancienne adjointe à la culture. Pendant près de deux heures, le magistrat a décrit une « relation d’emprise » dans laquelle les deux plaignantes n’étaient « pas en mesure de dire non » aux relations imposées par un « homme puissant », concentrant « tous les pouvoirs, tous les réseaux ». Il avait requis six ans de réclusion criminelle et une peine d’inéligibilité de cinq ans à l’encontre de Georges Tron et quatre ans contre Brigitte Gruel, sa discrète co-accusée. «  Le meneur, c’est Georges Tron, mais Brigitte Gruel fait partie du piège », avait estimé le magistrat.