Agression homophobe: Un an de prison ferme pour avoir tendu un guet-apens et roué de coups un homme à Courbevoie

HOMOPHOBIE Depuis l’agression, la victime a fait une tentative de suicide et une grosse dépression…

F.H. avec AFP

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Un homme menotté. (Illustration)
Un homme menotté. (Illustration) — West Coast Surfer / Moo/REX/SIPA
  • Croyant arrivé à un rendez-vous avec un homme contacté sur Internet, un homme a été roué de coups par deux agresseurs (un majeur et un mineur) et a été blessé aux mains par des coups de couteau.
  • Le prévenu majeur s'est excusé d'avoir fait «une connerie» et a reconnu une partie des faits. Mais il a nié avoir eu un couteau et le caractère homophobe de l'agression, évoquant un simple vol qui aurait mal tourné.

Arrêté lundi pour une agression à caractère homophobe commise mi-avril à Courbevoie (Hauts-de-Seine), un jeune homme de 21 ans a été condamné jeudi par le tribunal correctionnal de Nanterre à un an de prison ferme. Jugé en comparution immédiate, il a été aussitôt incarcéré, le juge ayant assorti sa peine d'un mandat de dépôt.

Dans la nuit du 14 au 15 avrie 34 ans originaire de l'Orne s'est rendu à Courbevoie pour un rendez-vous avec un autre homme pris sur Internet. Là, trois hommes l'attendaient et l'ont attiré dans un hall d'immeuble pour lui voler son téléphone et toutes ses affaires. Face à sa résistance et sa tentative de fuite, la victime a été rouée de coups par deux agresseurs. Elle a également été blessée aux mains par des des coups de couteau, selon son témoignage à la barre.

Deux ans de prison requise par le ministère public

Les deux hommes, dont l'un est mineur et sera jugé ultérieurement par un tribunal pour enfants, profèrent en même temps des menaces de mort, assorties d'insultes homophobes. Les deux agresseurs ont été interpellés lundi matin, après exploitation par les enquêteurs de la téléphonie mobile, a précisé à l'AFP une source policière.

Dans le box, le prévenu majeur s'est excusé d'avoir fait «une connerie» et a reconnu une partie des faits. Mais il a nié avoir eu un couteau et le caractère homophobe de l'agression, évoquant un simple vol qui aurait mal tourné.

«Cette affaire rappelle toutes les inquiétudes du ministère public», a insisté la procureure, en réclamant deux ans de prison ferme avec mandat de dépôt, malgré le casier judiciaire vierge du prévenu.

La victime traumatisée

Il «a reconnu avoir eu l'idée de faire venir un gay pour lui prendre ses sous» et «vous avez les insultes proférées au moment des faits et l'utilisation du terme "PD"», a-t-elle rappelé pour étayer la thèse de l'agression homophobe.

La victime «est traumatisée par ce qui lui est arrivé. Il a dû arrêter son activité, il a fait une tentative de suicide et une grosse dépression depuis les faits», a insisté son avocate, Me Agnès Allibert-Piquet.

L'avocate de la défense, Me Elsa Raguin, a demandé la clémence du tribunal, estimant que ce qui a motivé l'agresseur «c'est de récupérer 40 ou 50 euros et un téléphone portable.»