Procès des des «3+4» à Gap: Jusqu'à quatre mois ferme requis pour aide à l'entrée de migrants

PROCES Le 22 avril, près de 150 militants antifascistes avaient franchi la frontière franco-italienne par les pistes de ski du col de Montgenèvre avec une vingtaine de migrants africains...

L.Gam. avec AFP

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Théo et Bastien, deux militants accusés d'avoir permis l'entrée de migrants fin avril près de Briançon
Théo et Bastien, deux militants accusés d'avoir permis l'entrée de migrants fin avril près de Briançon — JEAN-PIERRE CLATOT / AFP

« Pourquoi forcer un barrage de gendarmerie, si aucun migrant n’y figurait, puisque l’objectif de répondre à Génération identitaire était rempli ? Est-ce que ces migrants seraient arrivés à Briançon sans ce passage en force du barrage de gendarmerie ? », a demandé le procureur Balland, qui a toutefois demandé au tribunal de renoncer à la circonstance aggravante de bande organisée. Il a requis des peines allant jusqu’à quatre mois de prison ferme à Gap au procès de sept militants poursuivis pour avoir aidé des migrants à entrer en France en avril dans les Hautes-Alpes.

Raphaël Balland a réclamé six mois avec sursis à l’encontre de cinq prévenus et quatre mois ferme à l’encontre des deux autres. « Chacun ici peut se mobiliser pour défendre ses idées, même les plus radicales, mais sans franchir les frontières de la loi », a-t-il affirmé lors de son réquisitoire.

Une affaire qui a mobilisé au-delà des frontières

Le 22 avril, près de 150 militants antifascistes avaient franchi la frontière franco-italienne par les pistes de ski du col de Montgenèvre avec une vingtaine de migrants africains. Après de brefs heurts avec les forces de l’ordre, le rassemblement avait rejoint Briançon sous escorte. Pour le collectif « Tous Migrants » qui vient en aide aux réfugiés dans la région, cette manifestation « pacifique » répondait « spontanément » aux « provocations haineuses et dangereuses d’un groupuscule suprémaciste ayant bloqué depuis la veille, le col de l’Échelle ».

L’affaire avait mobilisé bien au-delà des frontières du petit département des Hautes-Alpes, jusqu’à s’inviter en Grèce, où des anarchistes avaient signé sur les murs extérieurs de l’Institut français d’Athènes des slogans réclamant « la liberté » pour les prévenus.