Les ruines des immeubles  rue d'Aubagne à Marseille
Les ruines des immeubles rue d'Aubagne à Marseille — Alain Robert / Sipa

CATASTROPHE

VIDEO. Marseille: Où en est l'enquête sur l'effondrement de trois immeubles rue d'Aubagne?

Le procureur de la République Xavier Tarabeux a fait un point sur l'enquête ce mercredi en fin de journée... 

Ce mercredi, le procureur de la République de Marseille Xavier Tarabeux a donné des éléments sur l’enquête ouverte après l'effondrement ce lundi de trois immeubles rue d'Aubagne, dans le premier arrondissement de Marseille. Jusqu’à présent, six corps ont été extraits des décombres.

Une enquête a été ouverte pour « homicides et blessures involontaires ». 20 Minutes fait le point.

Trois victimes identifiées

Sur les six victimes retrouvées, trois ont été identifiées comme étant des locataires de l’immeuble du n° 65. Le procureur a toutefois refusé de communiquer leurs identités par respect pour les familles. Les autres corps sont en cours d’identification. Les recherches se poursuivent pour retrouver les deux personnes toujours portées disparues. Quatre-vingt-cinq enquêteurs de la police judiciaire sont mobilisés sur l’enquête.

Plusieurs signes avant-coureurs la nuit et le matin du drame

Selon les déclarations de Xavier Tarabeux, la nuit du drame, une locataire avait appelé les pompiers, inquiète de voir grandir une fissure dans son appartement. Elle a ensuite rappelé les secours, car elle estimait qu’un déplacement n’était pas nécessaire. « Le matin même, une locataire n’a pas pu ouvrir sa porte et un autre n’a pas pu fermer la sienne », précise le procureur de la République. Les autorités ont recueilli un témoignage selon lequel « le 65 avait bougé avant son effondrement ».

L’immeuble situé au 65 avait fait l’objet d’un arrêté de péril imminent le 19 octobre

« Un arrêté de péril imminent avait été pris le 19 octobre sur tout l’immeuble situé au 65 et visait le premier étage », a indiqué Xavier Tarabeux. Il a été pris à la suite du signalement par une locataire d’une fissure sur le mur du couloir de l’entrée de l’immeuble et sur la base du rapport d’un expert. Le rapport de celui-ci constatait des fissures et un plancher fragile. Il préconisait notamment l’évacuation de l’appartement situé au premier étage et la réalisation de plusieurs travaux, en particulier dans ce même appartement, dans un délai de 21 jours.

Des travaux qui se sont terminés, selon le procureur, le 18 octobre à 22 h. Evacués un temps, les locataires ont pu regagner leurs appartements le jour même. Mais le procureur de la République confie qu’à ce stade de l’enquête il ignore si l’ensemble des travaux recommandés ont été réalisés.


Les causes et responsabilités pénales restent pour l’heure inconnues

Les causes de l’effondrement de ces immeubles restent pour l’heure indéterminées. Le 63 avait été muré, et les appartements du 65 étaient « à l’intérieur tout à fait logeables, pas en état d’insalubrité », selon les déclarations du procureur de la République, qui se fondent sur des photos. « Le 65 était un immeuble qui présentait des désordres importants, mais ce n'était pas ce qu’on peut appeler des marchands de sommeil », a-t-il souligné.

« Il est prématuré d’établir une quelconque responsabilité pénale », a-t-il indiqué. Le procureur a nommé un expert pour déterminer les causes exactes de ce drame ainsi que les responsabilités. Des auditions libres de représentants de Marseille Habitat et du syndic de l’immeuble du 65 ont été réalisées. D’autres sont en cours.

​​​​