Nice: Une lettre testament examinée comme preuve d'un crime maquillé en suicide?

JUSTICE Un couple comparaît devant la cour d’assises des Alpes-Maritimes depuis lundi. Georges Pierru et Grit Bergmann sont accusés d’avoir tué l’ancien compagnon de cette dernière…

Mathilde Frénois
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La cour d'assises des Alpes-Maritimes.
La cour d'assises des Alpes-Maritimes. — M. Frénois / ANP / 20 Minutes
  • Selon l’accusation, Georges Pierru et Grit Bergmann auraient eux-mêmes écrit ce testament où il est indiqué que la victime leur léguerait sa fortune.
  • Les enquêteurs pointent de nombreuses fautes d’orthographe et des mots écrits en majuscule dans cette lettre, loin des habitudes de son supposé auteur.

C’est un bout de papier qui permettrait de dessiner plus précisément les contours de l’affaire. Et qui pourrait bien prouver la culpabilité des accusés. Cette lettre, reçue par Grit Bergmann fin septembre 2011, est un prétendu testament de Drost Notthoff la désignant comme légataire de sa fortune. Mais quelques jours avant la réception du courrier, ce ressortissant allemand a été retrouvé pendu dans le salon de sa villa d’Eze. Jusqu’à vendredi à Nice, son ex-femme Grit Bergmann comparaît aux côtés de son nouveau compagnon Georges Pierru pour assassinat et tentative d’escroquerie devant la cour d’assises des Alpes-Maritimes.

Quand, le 26 septembre, les secours découvrent le corps de Drost Notthoff, aucun écrit n’est retrouvé sur place. Mais très vite, son ex-femme Grit Bergmann explique aux enquêteurs avoir été destinataire d’un testament. « Un notaire de Monaco a aussi reçu ce testament. Il était écrit que Monsieur Notthoff lègue tous ses biens et précise qu’il met fin à ses jours, raconte l’adjudant Didier Meunier, directeur de l’enquête portant sur un crime maquillé en suicide. Nous avons procédé à la saisie des originaux et nous avons convoqué des experts qui écartent que Monsieur Notthoff soit l’auteur de la lettre. »

Véhicule BMW et lunettes de soleil

Les enquêteurs pointent de nombreuses fautes d’orthographe et des mots écrits en majuscule, loin des habitudes de son supposé auteur. « La lettre commence par “Gritty”, alors que seul Monsieur Pierru l’appelle “Gritty”, fait remarquer un autre gendarme en charge de l’enquête. Monsieur Notthoff cède son véhicule BMW et une paire de lunettes de soleil. Sauf que la voiture ne lui appartenait plus, la carte grise était au nom de son frère. »

Au moment de sa mort, Drost Notthoff était à la tête d’une société « de vente de billets pour la F1 et le football ». Le motif pourrait alors demeurer dans le testament. Et l’élément pécunier peut expliquer le meurtre sur lequel se penche la cour d’assises. En garde à vue, Grit Bergmann a affirmé que son ancien mari lui devrait 600.000 euros. Elle a aussi expliqué avoir rédigé les éléments de la lettre. Et Georges Pierru l’avoir recopié sur une feuille dérobée lors de leur visite à Eze en septembre, avec la signature de la victime apposée en bas. Avant de revenir sur tous ces aveux. Le couple a jusqu’à vendredi pour prouver son innocence et que Drost Notthoff s’est bien suicidé. Ils n’ont plus que trois jours pour convaincre les jurés que leurs paroles restent et effacent les écrits.