Nice: Condamné pour avoir déclenché un gigantesque incendie à cause d’un barbecue mal éteint

DECISION En juillet 2017, plus de 120 hectares de forêt étaient partis en fumée au-dessus de Nice…

Fabien Binacchi et Mathilde Frénois

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Des pompiers à Castagniers, en 2017
Des pompiers à Castagniers, en 2017 — Valéry Hache / AFP
  • Le 17 juillet 2017, un incendie détruisait 120 hectares de forêt et des installations à Castagniers, au-dessus de Nice.
  • La justice a condamné un homme à quatre mois de prison avec sursis pour avoir provoqué ce feu avec un barbecue mal éteint.
  • Un procès civil est programmé en février pour l’indemnisation des parties civiles.

Le barbecue mal éteint avait fait partir plus de 120 hectares en fumée. Un homme poursuivi pour avoir occasionné, à Castagniers (Alpes-Maritimes), l’un des plus importants incendies de l’été 2017 dans la région Paca, a été condamné ce mardi par le tribunal correctionnel de Nice à quatre mois de prison avec sursis. Sa compagne a été relaxée. Des peines de 8 et 4 mois de prison avec sursis avaient été requises.

Ces deux éducateurs sportifs d’une trentaine d’années comparaissaient pour mise en danger de la vie d’autrui par manquement délibéré aux obligations de sécurité, destruction involontaire d’un bien d’autrui et destruction par incendie. Les faits ont été requalifiés en destruction involontaire par incendie. L’affaire est renvoyée au civil le 19 février 2019. Une cinquantaine de sinistrés (des propriétaires de terrain notamment) s’étaient constitués partie civile, et espèrent désormais obtenir des dommages et intérêts.

« On travaille dans des conditions précaires. Mes ouvriers sont sous la pluie, a expliqué à l’issue du délibéré Maurice Giovannacci, le propriétaire d’un garage détruit par les flammes. L’entreprise était florissante pendant 40 ans et là c’est difficile. »

Des règles de sécurité draconiennes en été non respectées

Le 17 juillet 2017 dans la commune de Castagniers, près de Nice, le couple avait procédé à la dispersion de cendres d’un barbecue, à proximité d’un buisson de romarin. Le prévenu avait expliqué avoir éteint le foyer avec une bouteille d’eau aux trois quarts pleine.

Les avocats des parties civiles avaient pointé le non-respect de l’arrêté préfectoral local qui impose, pour un « feu de cuisson » en période rouge des règles de sécurité draconiennes, et notamment de noyer totalement le foyer.

Un rapport d’expert a démontré que cette imprudence avait entraîné l’embrasement de la forêt environnante. Au total, 450 sapeurs-pompiers avaient mis huit jours à circonscrire définitivement le feu.