Nice: «C'est loin de ma philosophie», Grit Bergmann conteste l'assassinat de son ex-mari

JUSTICE Aux côtés de son mari, Grit Bergmann comparaît aux assises pour le meurtre de son ex-mari... 

Mathilde Frénois

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La cour d'assises des Alpes-Maritimes, ce lundi après-midi.
La cour d'assises des Alpes-Maritimes, ce lundi après-midi. — M. Frénois / ANP / 20 Minutes
  • Grit Bergmann et son mari Georges Pierru sont jugés par la cour d’assises des Alpes-Maritimes pour l’assassinat de l’ex-mari de Grit Bergmann qu’ils auraient maquillé en suicide.
  • Drost Notthoff avait été retrouvé sans vie, pendu dans le salon le 26 septembre 2011. La thèse du suicide avait rapidement été écartée.
  • Les faits, que le duo conteste, sont punis de la réclusion criminelle à perpétuité.

Georges Pierru est entré dans le box en trébuchant. Grit Bergmann avec des mouchoirs rassemblés en éventail, tremblante et les joues rougies par l’angoisse. Tous deux faisaient face à la cour d’assises des Alpes-Maritimes. Ces époux sont accusés d’avoir assassiné l’ex-mari de Grit Bergmann, Drost Notthoff. Des faits punis de la réclusion criminelle à perpétuité. Ce lundi après-midi au palais de justice de Nice, ils contestent les faits, après les avoir pourtant reconnus en garde à vue.

C’est dans sa villa d’Eze que Drost Notthoff est retrouvé sans vie, pendu dans le salon le 26 septembre 2011. La thèse du suicide est écartée quand les enquêteurs découvrent l’existence d’une lettre, une sorte de testament dans lequel Drost Notthoff léguerait ses biens et sa fortune à Grit Bergmann, Allemande de 48 ans. Après une analyse graphologique, les experts écartent Drost Notthoff comme auteur de la lettre.

« Je conteste l’assassinat et l’escroquerie »

Placés en garde à vue, Georges Pierru et Grit Bergmann avouent. Mais les versions s’enchaînent et divergent au fil des interrogatoires. D’abord c’est Georges Pierru, 52 ans, qui a tué Drost Notthoff en l’absence de Grit Bergmann, ensuite c’est une bagarre qui a dégénéré à la suite d’un geste déplacé, puis un coup de barre de métal « de manière accidentelle ». Pendant ces aveux, George Pierru a « explosé en sanglot » et Grit Bergmann a « été prise de vomissements ».

A chaque interrogatoire, les accusés reviennent sur leurs propres déclarations et se contredisent entre eux. Mais ce lundi matin, ils contestent l’assassinat : « Je n’ai pas planifié ni exécuté la mort de Drost. Drost a apporté beaucoup de très belles choses dans ma vie. Malgré le fait qu’il ait utilisé mon nom pour des choses pour lesquelles je n’étais pas d’accord, ce n’est pas une raison pour le tuer, a déclaré Grit Bergmann devant la cour, avec l’aide d’une interprète. C’est loin de ma philosophie et de ma mentalité. Je conteste l’assassinat et l’escroquerie. » Georges Pierru aussi « conteste cette accusation » : « J’ai avoué des choses que je n’ai pas faites, évoquait-il lors de l’entretien avec l’expert psychiatre. Il fallait que j’avoue pour protéger mes enfants. »

Pourtant, le président a énuméré certaines preuves matérielles. Georges Pierru a bien acheté une corde dans un magasin de bricolage à Carcassonne. « Le téléphone a déclenché une antenne relais sur la commune d’Eze le 25 septembre 2011 », note aussi le président dans son rappel des faits. Après avoir assumé leur responsabilité et une forme de préméditation avec des variantes, les deux accusés sont revenus sur leurs déclarations et nient devant le tribunal. La cour d’assises a jusqu’à vendredi pour déterminer la culpabilité, ou non, des deux accusés.