Le tribunal de Toulouse ordonne une expertise médicale de 22 victimes du nouveau Levothyrox

JUSTICE Le tribunal de grande instance de Toulouse ordonne l’expertise médicale de patients pour déterminer si la prise de Levothyrox est à l’origine des effets indésirables ressentis…

Beatrice Colin

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A lille, le 29 octobre 2017 - Illustration d'une boite de medicaments Levothyrox.
A lille, le 29 octobre 2017 - Illustration d'une boite de medicaments Levothyrox. — Gilles Durand / 20 Minutes
  • Le tribunal de grande instance de Toulouse ordonne l’expertise médicale de 22 des 42 plaignants qui demandaient à Merck des indemnisations au titre du préjudice d’anxiété après la prise du nouveau Levothyrox.
  • Les experts médicaux devront déterminer s’il y a un lien de causalité entre la prise de la nouvelle formule et l’apparition de certains troubles.

Perte de cheveux, dépression, douleurs musculaires. Après avoir pris la nouvelle formule du Levothyrox, plusieurs milliers de patients ont été victimes d’effets indésirables. Pour faire reconnaître ces conséquences, 42 d'entre eux avaient assigné les laboratoires Merck devant le tribunal de grande instance de Toulouse. Ces malades demandaient 30.000 euros chacun d’indemnités au titre du préjudice moral et d’anxiété.

Avant de reconnaître un éventuel préjudice, la justice toulousaine, qui s'était déjà prononcée en leur faveur par le passé, a décidé de nommer des experts médicaux ce lundi.

Lien de causalité

Un médecin généraliste, un endocrinologue, un ingénieur chimiste et un pharmacien ont ainsi un an pour examiner 22 des 42 patientes à l’origine du recours. Ils devront dire « s’il existe un lien de causalité direct et certain entre la prise de Levothyrox nouvelle formule par les demandeurs et l’apparition ou l’aggravation de leurs troubles », indique le jugement.

Le collège devra aussi indiquer « quelle information relative au changement des excipients de la formule du Lévorthyrox a été réalisée par Merck au regard des obligations légales en vigueur, notamment à l’égard des professionnels de santé ».

«Une porte s'ouvre pour nous»

Le laboratoire Merck va aussi devoir mettre à disposition l'ancienne formule du médicament, même après le 1er janvier 2019. Une décision assez favorable aux victimes selon leur avocat. « C’est la première action sur le fond du dossier, elle nous donne satisfaction par le souhait que nous avions de faire faire une expertise pour démontrer la réalité de l’interaction entre le Levothyrox et les souffrances des malades de manière à ce que plus tard nous puissions obtenir une indemnisation », s’est félicité Jacques Lévy.

« Durant un an, les autorités de santé nous ont été traitées avec mépris, on a fabriqué des malades avec cette nouvelle formule. Là, une porte s’ouvre pour nous, la justice est là pour nous et dit pourquoi pas, nous allons investiguer », a réagi, émue Sylvie Chéreau, l’une des 42 plaignantes, par ailleurs présidente du collectif des Victimes du nouveau Lévothyrox. 

Lors de l’audience, le 10 septembre dernier, les laboratoires Merck avaient fait valoir de leurs côtés que la réglementation avait été respectée notamment concernant l’information des associations de patients, des médecins et pharmaciens sur la mise en place de la nouvelle formule. Son avocat avait aussi plaidé sur le fait que depuis de « nombreuses études ont permis de valider la qualité du produit ».