Nice: Face aux assises, un couple accusé d'avoir maquillé un crime en suicide pour de l'argent

PROCES Drost Notthoff, 48 ans, avait été retrouvé pendu en 2011, mais les enquêteurs avaient fini par privilégier la thèse de l'assassinat...

Fabien Binacchi

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Le palais de justice de Nice
Le palais de justice de Nice — ANP / 20 Minutes
  • Drost Notthoff, retrouvé pendu le 26 septembre 2011 dans le jardin de la villa qu’il louait sur les hauteurs d’Eze, ne s’est pas suicidé selon les enquêteurs.
  • L’ex-femme de la victime et son nouveau conjoint sont accusés de l’avoir assassiné et d’avoir tenté de maquiller leur crime en suicide pour de l’argent.
  • Le procès, devant la cour d’assises des Alpes-Maritimes, est programmé jusqu’au 13 novembre.

Drost Notthoff, retrouvé pendu le 26 septembre 2011 dans le salon de la villa qu’il louait sur les hauteurs d’Eze (Alpes-Maritimes), ne s’est pas suicidé. Cette conviction des enquêteurs les avait finalement menés à l’interpellation, quatre ans après, de deux suspects : Grit Bergmann et Georges Pierru.

L’ex-femme de la victime et son nouveau conjoint feront face dès ce lundi après-midi à la cour d’assises des Alpes-Maritimes pour un assassinat qu’ils ont avoué en garde à vue. Ils auraient prémédité leur crime et tenté de le maquiller pour faire main basse sur l’argent de l’homme d’affaires, alors en pleine réussite à Monaco.

Un « faux » testament

C’est d’ailleurs une lettre, dans laquelle Dorst Notthoff, 48 ans, semblait vouloir léguer toute sa fortune à son ex-compagne, allemande elle aussi, qui finira d’éveiller les soupçons. Les analyses graphologiques révéleront qu’il s’agit d’un faux.

Mais avant cela déjà, et même si l’autopsie avait conclu à un suicide, plusieurs éléments avaient bousculé les enquêteurs… Comme le fait, par exemple, que le nœud coulant de la corde semblait avoir été noué à l’envers. Et aussi les témoignages parmi l’entourage de l’Allemand : sa famille et ses proches ne croyant pas en des tendances suicidaires.

Ils se rejettent la faute l’un sur l’autre

Les investigations, notamment sur la téléphonie, permettaient finalement de démontrer que le couple, installé dans le département de l’Aude, avait fait un aller-retour jusqu’à Eze le jour du crime. Arrêté, le duo avouait rapidement. Grit Bergmann et Georges Pierru reconnaissaient les faits avant de rejeter la faute l’un sur l’autre.

Et les débats devraient encore être mouvementés jusqu’au 13 novembre, date prévue pour le verdict. Qui a commandité l’assassinat ? Qui est passé à l’acte ? « Mon client a hâte de pouvoir s’exprimer, de pouvoir donner sa version lors du procès », a expliqué sans plus de détails Me Julien Darras, l’avocat de Georges Pierru. Lui et son ex-compagne encourent la réclusion criminelle à perpétuité.