Nord: Un joueur de Playstation accusé d’avoir tué son bébé pour qu’il arrête de pleurer

PROCES Le jeune homme est accusé d’avoir frappé à mort un nourrisson car il l’empêchait de se concentrer sur un jeu vidéo. Son procès commence lundi, à Douai…

G.D. avec AFP
— 
Illustration d'un joueur de jeu vido sur console.
Illustration d'un joueur de jeu vido sur console. — SIPA

Il est soupçonné d’avoir battu à mort son bébé de six mois. Le procès de Raphaël Gamez s’ouvre lundi devant la cour d’assises du Nord, à Douai. Le petit Djason était mort en 2016, à Denain.

L’accusé, âgé de 28 ans, est jugé pour « violence ayant entraîné la mort sans intention de la donner ». Il est soupçonné d’avoir frappé l’enfant pour « qu’il arrête de pleurer » pendant qu’il jouait à la console.

Le chien lui a « sauté sur la poitrine »

Dans la nuit du 29 au 30 janvier 2016, quand la mère de Djason retrouve son enfant inanimé dans son lit, Raphaël Gamez lui explique que c’est le chien qui lui a « sauté sur la poitrine », selon l’instruction. Mais l’autopsie est formelle : le nourrisson est décédé à la suite de coups ne pouvant avoir été causés par le chien.

Placé en garde à vue, le jeune homme raconte aux enquêteurs que pendant qu’il jouait à « Call of duty » sur sa console, « le petit Djason n’arrêtait pas de pleurer ». Et de poursuivre : « Moi, je m’énervais sur le jeu vidéo. Je me suis rapproché de lui pour savoir pourquoi il pleurait. Plus je m’approchais, plus il pleurait (…) C’est là que je l’ai tapé (…) je voulais juste qu’il arrête de pleurer ».

Raphaël Gamez avoue alors avoir porté plusieurs coups de poing au thorax de l’enfant. L’enquête montre par ailleurs une violente dispute entre l’accusé et la mère du nourrisson peu avant les faits : « Elle voulait me parler, mais je ne l’ai pas écoutée, alors elle a éteint la Playstation, je me suis levé et je l’ai poussée contre le mur (…) j’étais hors de moi », a expliqué le jeune homme aux policiers.

Décrit comme « impulsif », « parfois agressif »

La jeune femme est alors sortie du domicile pour chercher du tabac et c’est à son retour qu’elle a trouvé l’enfant inanimé.

L’accusé, qui a grandi à Denain avec ses parents adoptifs, a quitté le système scolaire à 15 ans. Sans diplôme, il était sans emploi au moment des faits. Selon l’instruction, il consomme régulièrement du cannabis et son casier judiciaire porte mention de 13 condamnations, notamment pour vols et dégradations volontaires.

Les experts le décrivent comme « impulsif », « parfois agressif », « égocentrique » et « vite agacé ». Le verdict est attendu mercredi.