Le procureur François Molins, visage de l'antiterrorisme, nommé à la Cour de cassation

PROMOTION François Molins devrait être remplacé au poste sensible de procureur de la République de Paris par Rémy Heitz, qui a reçu un avis positif du Conseil supérieur de la magistrature...

20 Minutes avec AFP

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François Molins a été nommé procureur général près la Cour de Cassation, le vendredi 26 octobre 2018.
François Molins a été nommé procureur général près la Cour de Cassation, le vendredi 26 octobre 2018. — AFP

Figure publique de l’antiterrorisme face aux attentats qui ont endeuillé la France depuis 2015, François Molins a été nommé officiellement procureur général près la Cour de cassation. Le procureur de la République de Paris âgé de 65 ans a été promu au plus haut poste de magistrat du parquet en France par un décret du président de la République en date de vendredi et publié ce samedi au Journal officiel.

Cet homme discret et réservé décroche ce bâton de maréchal pour la fin de sa carrière, après avoir été propulsé dans le cercle restreint des magistrats familiers du grand public, avec la succession des attentats, chargé notamment d’annoncer aux médias les détails des attaques et la progression des enquêtes.

Affaire Merah, guerre en Syrie et attentats en France

Il devrait être remplacé au poste sensible de procureur de la République de Paris par Rémy Heitz, qui a reçu pour cela un avis positif du Conseil supérieur de la magistrature (CSM) et attend sa nomination officielle par décret présidentiel.

Nommé procureur de Paris en novembre 2011, quatre mois avant les attaques meurtrières de Mohamed Merah et dans les premiers mois de la guerre en Syrie, François Molins a assisté en première ligne à la multiplication des départs de djihadistes français et à la vague d’attentats.

Pas spécialement un magistrat marqué « antiterrorisme »

Il s’est d’emblée montré peu convaincu par l’argument d’un engagement humanitaire des partants en zone irako-syrienne. Puis avec les premiers retours de ces djihadistes plus ou moins actifs, François Molins a accompagné le durcissement constant des poursuites et peines infligées.

Avant l’affaire Merah, il n’était pas spécialement un magistrat marqué « antiterrorisme ». Il avait d’abord enchaîné les parquets de province, de Carcassonne (Aude) à Angers (Maine-et-Loire) en passant par Montbrison (Loire), avant de décrocher la direction du difficile parquet de Bobigny (Seine-Saint-Denis).