Val-de-Marne: Six mois de prison pour avoir détenu un lionceau dans son appartement

ANIMAUX Le lionceau sera remis à la Fondation 30 millions d'amis...

20 Minutes avec AFP

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Un lionceau (illustration).
Un lionceau (illustration). — Miroslav Chaloupka/AP/SIPA

Son amour pour les animaux l'a conduit en prison. L'homme qui détenait un lionceau dans un appartement du Val-de-Marne et se présentait comme un amoureux des animaux a été condamné à six mois de prison ferme vendredi par le tribunal de Créteil.

Le trentenaire, également condamné à 2.000 euros pour avoir illégalement détenu et tenté de vendre l'animal, a été envoyé en prison directement après son jugement. Le lionceau, une femelle de deux mois et demi, avait été retrouvé mardi soir à Valenton chez des voisins de cette homme bien connu de la police. 

Il ne s'agit pas d'un cas isolé, a noté le procureur pendant l'audience, indiquant que l'Office nationale de la chasse et de la faune sauvage enquêtait sur la présence de trois autres lionceaux en banlieue parisienne.

Pour la "frime"

Contacté par l'AFP, l'établissement public n'a pas souhaité commenter. Une source proche du dossier a évoqué "d'autres lionceaux qui circulent", d'après des vidéos postées sur les réseaux sociaux, mais n'ont pas encore été localisés.

Un autre lionceau a été retrouvé mercredi dans un garage automobile à Marseille, selon les douanes. Celui du Val-de-Marne était apparu dans plusieurs vidéos sur les réseaux sociaux, où on le voyait mordiller la tête d'un jeune homme, se faire gratter le crâne par d'autres et déambuler dans la rue.

Son détenteur avait été repéré après un signalement à la police : un de ses contacts Snapchat l'avait vu proposer le lionceau à la vente dans une vidéo, pour 10.000 euros. Devant le tribunal, il a assuré avoir juste voulu "frimer", "faire croire" que le lionceau lui appartenait alors qu'il lui avait simplement été "prêté" par un proche venu lui rendre visite.

La Fondation 30 Millions d'amis partie civile

"J'ai vu le lionceau sur sa banquette arrière. Ce n'est pas commun, on n'en voit pas tous les jours. Je l'ai pris dans mes bras, mon ami a vu que j'y étais attaché et m'a proposé de le garder quelques jours".

"J'aime beaucoup les animaux, j'en ai toujours eu. J'ai été hypnotisé par ce lionceau, je n'ai pas pensé aux conséquences", a-t-il poursuivi, assurant regretter sa "connerie". Il a précisé avoir regardé "sur Google" comment le nourrir - les enquêteurs ont trouvé un biberon chez lui - et "à quel moment il allait devenir dangereux".

Ses explications n'ont convaincu ni la Fondation 30 millions d'amis, partie civile, qui a rappelé l'ampleur du trafic d'animaux sauvages, ni le procureur. "Il ne l'avait pas parce qu'il le trouvait mignon, mais parce qu'il comptait le revendre", a martelé ce dernier.

Plusieurs précédents

Le lionceau sera remis à la Fondation 30 millions d'amis. L'enquête n'a pas encore permis de déterminer son origine.

En 2017, un lionceau avait été découvert enfermé dans une cage dans un appartement de Seine-Saint-Denis, puis réintroduit dans une réserve en Afrique du Sud. Son détenteur avait été interpellé après avoir été repéré sur les réseaux sociaux, où il s'affichait avec l'animal.

Un jeune tigre avait aussi été retrouvé dans le même département en 2016. Des dealeurs qui monnayaient des selfies en sa compagnie contre quelques euros l'avaient abandonné quand la police s'était mise à sa recherche. Il avait été confié à un refuge.