Relâché après une erreur d'un juge, un djihadiste présumé reste en liberté

PROCES En prison depuis août 2016, dans l'attente de son procès qui aura lieu aux assises du 12 au 30 novembre, il a bénéficié d'une erreur procédurale en avril dernier...

20 Minutes avec AFP

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Une salle d'audience dans l'annexe du tribunal de Meaux (Seine-et-Marne) à proximité du Centre de Rétention Administrative du Mesnil Amelot et de l'aéroport Roissy Charles de Gaulle, le 17 septembre 2013.
Une salle d'audience dans l'annexe du tribunal de Meaux (Seine-et-Marne) à proximité du Centre de Rétention Administrative du Mesnil Amelot et de l'aéroport Roissy Charles de Gaulle, le 17 septembre 2013. — A. GELEBART / 20 MINUTES

Il avait été relâché, en avril dernier, après une erreur d'un juge d'instruction. Soupçonné d’être sorti du périmètre que lui ont assigné les autorités, un djihadiste​ a été relaxé, ce jeudi, et reste donc en liberté.

Une affaire dans l’affaire. En prison depuis août 2016, dans l’attente de son procès qui aura lieu aux assises du 12 au 30 novembre, il a bénéficié d’une erreur procédurale en avril dernier. Un juge d’instruction a oublié de renouveler sa détention provisoire, conduisant mécaniquement à sa libération, ce qui a déclenché une vive polémique.

Oualid B. a-t-il quitté Meaux le 16 mai dernier ?

Cet homme de 30 ans est en effet soupçonné d'être impliqué dans un projet d'attentat en 2014 dans la métropole lyonnaise et dans une filière d’acheminement de combattants en Syrie. Depuis sa libération, il devait pointer deux fois par jour au commissariat de Meaux, en Seine-et-Marne, ville qu’il n’est pas autorisé de quitter.

Le 13 septembre dernier, il a été jugé pour « déplacement interdit à l’extérieur du périmètre déterminé par le ministère de l’Intérieur pour prévenir la commission d’acte de terrorisme », ainsi que recel d’images faisant l’apologie du terrorisme et conduite sans permis. En effet, un policier affirme l’avoir reconnu, le 16 mai dernier en dehors de la commune, au volant d’une Clio bleue en dehors de la commune et alors qu’il n’a pas le permis de conduire.

Le parquet fait appel de la décision

Mais le propriétaire de la voiture a également témoigné et affirmé qu’il ne connaissait pas le prévenu, à qui il n’avait jamais prêté la Clio. Autre élément de poids : Oualid B. et le propriétaire de la voiture se ressemblent beaucoup. Même barbe fournie, même cheveux rasés, une carrure identique. Le policier a donc pu les confondre.

La cour a confirmé la relaxe prononcée en comparution immédiate à Meaux. Le président a expliqué à Oualid B. qu’il pouvait demander réparation pour les quelques jours passés en mai en détention provisoire. Le parquet, qui avait fait appel, avait requis six mois de prison et son incarcération immédiate. Oualid B. est reparti libre du palais de justice, sourire aux lèvres. Mais il devra revenir le 12 novembre, pour le procès aux assises.