VIDEO. «Je n’ai jamais été violent»… Au premier jour de son procès, Georges Tron clame son innocence

PROCES Le maire de Draveil et son ancienne adjointe à la culture sont accusés par deux anciennes employées de l’hôtel de ville de « viols » et « agressions sexuelles » en réunion. Tous deux nient les faits...

Caroline Politi
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L'ancien secrétaire d'Etat, Georges Tron, est jugé pour "viols" par la cour d'assises de Seine-Saint-Denis, à Bobigny.
L'ancien secrétaire d'Etat, Georges Tron, est jugé pour "viols" par la cour d'assises de Seine-Saint-Denis, à Bobigny. — LIONEL BONAVENTURE / AFP
  • Après un renvoi l'an dernier, Georges Tron et Brigitte Gruel sont jugées à partir de ce mardi pour «viols» et «agressions sexuelles» en réunion.
  • Ils encourent 20 ans de réclusion criminelle. 
  • Le maire de Draveil et son adjointe nient en bloc les accusations portées à leur encontre par deux anciennes employées. 

Le décor est le même, le scénario n’a pas changé, les acteurs - à l’exception notable du président et de l’avocat d’une des parties civiles – sont identiques. Et pourtant, c’est peu dire que l’audience qui s’est ouverte ce mardi devant la cour d’assises de Bobigny est radicalement différente de celle qui s’était tenue l’an dernier. Dix mois après le fiasco du premier procès de Georges Tron et Brigitte Gruel, le maire de Draveil et son ancienne adjointe à la culture sont à nouveau jugés pour « viols » et « agressions sexuelles » en réunion, des faits passibles de 20 ans de réclusion criminelle.

L’an dernier, les incidents d’audience avaient débuté quelques minutes à peine après le tirage au sort du jury - Eric Dupond-Moretti, le conseil de l’édile, interrompant le président pendant le rappel des faits - l’ambiance ce mardi semblait plus apaisée. Certes, le fond du dossier n’a pas encore été abordé que déjà le célèbre avocat semble prendre sur lui. Il plonge la tête dans ses mains lorsqu’il entend le magistrat évoquer la liste des femmes ayant vu dans la passion pour la réflexologie plantaire nourrie par son client le « prélude à des actes à caractère sexuel » mais reste muet. Le contexte joue également en faveur d’une sérénité des débats, le scandale de l’affaire Weinstein et la déferlante #BalanceTonPorc sont moins d’actualité, le public est plus épars, l’ambiance moins électrique.

« Je n’ai jamais été violent avec qui que ce soit »

Sur le fond pourtant, rien n’a changé. L’ancien secrétaire d’Etat à la fonction publique sous Nicolas Sarkozy, élégamment vêtu d’un costume gris anthracite et d’une chemise blanche, nie en bloc les accusations portées par les deux anciennes employées de la mairie de Draveil. « Dès le premier jour, c’est-à-dire le 24 mai 2011, j’ai toujours dit que j’étais totalement innocent des faits qui me sont reprochés, je n’ai jamais été violent avec qui que ce soit », a insisté Georges Tron lors d’un très bref entretien de personnalité.

L’élu, qui ne sera entendu formellement sur les faits que la quatrième et dernière semaine du procès, s’est dit « profondément touché et blessé » par les accusations dont il fait l’objet. Depuis le début de l’affaire, Georges Tron a uniquement admis avoir pratiqué sur les deux plaignantes de la réflexologie plantaire, une médecine douce qu'il a découverte dans les années 1990 et pour laquelle il s'est passionné au point d'en faire un rapport parlementaire en 1993 pour la promouvoir. « C’est important de le rappeler car c’est à cause de cela qu’on a moqué Georges Tron, dans les médias notamment », a insisté Eric Dupond-Moretti, faisant référence aux fameux « massages de pieds ».

« Sept années d’horreur »

Quelques minutes auparavant, c’était son ancienne adjointe, Brigitte Gruel, cheveux châtains coupés au carré et petites lunettes, qui racontait ces « sept années en enfer ». « On a dit que j’étais une actrice porno, on a usurpé mon identité pour envoyer des messages d’horreur », a-t-elle confié à voix basse. Venue à la politique par son engagement associatif, investie auprès du maire de Draveil au point de devenir, de 2004 à 2011, la présidente de l’association des « amis de Georges Tron », elle a aujourd’hui lâché toutes ses activités politiques, est « sous prozac » pour supporter la tension liée à cette affaire. « J’ai été la proie de vengeance personnelle, professionnelle et de jalousie », assure-t-elle à la cour, évoquant une affaire « orchestrée par les deux plaignantes ». Ces dernières, impassibles pendant ces premières auditions, ne seront entendues que la semaine prochaine.