Pompiers poursuivis pour viol sur mineure: Le parquet demande l'abandon des poursuites

REQUISITION Dans cette affaire, qui remonte à 2009, sept pompiers sont poursuivis pour leurs agissements avec l’adolescente…

Manon Aublanc

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Tribunal de Versailles.
Tribunal de Versailles. — BOUTIN PHILIPPE/SIPA

Le « défaut de consentement » jugé « insuffisamment caractérisé ». Le parquet de Versailles a requis, ce lundi, l’abandon des poursuites pour viol sur mineure visant deux pompiers, a-t-on appris de source proche du dossier. Le juge d’instruction a également demandé leur renvoi devant le tribunal correctionnel pour atteinte sexuelle sur une adolescente de 14 ans.

Pour le parquet, qui a estimé que le « défaut de consentement » de l’adolescente, nécessaire pour parler de viol, paraissait « insuffisamment caractérisé », il convient de « requalifier les faits en atteinte sexuelle sur mineure », un délit passible de sept ans de prison. Le juge d’instruction doit désormais apprécier et décider si les deux hommes seront jugés devant un tribunal correctionnel ou une cour d’assises.

Un véritable « culte des pompiers »

Dans cette affaire, qui remonte à 2009, sept pompiers sont poursuivis pour leurs agissements avec l’adolescente. A l’époque, la jeune fille suit un traitement médicamenteux lourd à cause de fréquentes crises de spasmophilie et de tétanie. Son état de santé nécessite de nombreuses interventions des pompiers, plus de 130 entre 2008 et 2010. Selon son entourage, elle développe alors un véritable « culte des pompiers ».

L’adolescente les contacte grâce aux réseaux sociaux et exprime « son souhait de rapports sexuels en des termes très crus », selon le réquisitoire. En deux ans, elle multiplie les rapports avec environ vingt pompiers âgés d’une vingtaine d’années, pour la plupart en poste à la caserne de Bourg-la-Reine (Hauts-de-Seine). Aux enquêteurs qui l’interrogeaient sur ses multiples aventures sexuelles, l’adolescente, dont la fragilité psychologique a été relevée par plusieurs médecins, avait déclaré avoir « besoin de (s) e faire mal ».

Pour sa mère, les pompiers connaissaient son état de santé mental et physique

Avec un pompier, elle entretiendra une relation suivie entre février et novembre 2009. Mais l’adolescente a ensuite dénoncé des rapports non consentis. En cause, un après-midi chez ce pompier avec deux collègues, lors duquel elle dit avoir été contrainte de pratiquer des fellations à deux d’entre eux, pendant que le troisième la touchait. L’enquête s’est également penchée sur les nombreux autres partenaires de la jeune fille. Certains pompiers la déclaraient « fichée comme nympho » et s’échangeaient son numéro de téléphone.

Pour sa mère, ils ne pouvaient pourtant ignorer son état de santé mental et physique, très altéré par la prise de médicaments. La plupart ne sont pas poursuivis, à l’exception de quatre pompiers soupçonnés de non-assistance à personne en danger. Il leur est reproché d’avoir abandonné l’adolescente en pleine crise de spasmophilie, après que deux d’entre eux aient eu une relation sexuelle simultanée avec elle sur un parking, sans connaître son âge. Un non-lieu a été requis à leur encontre.