Affaire Jonathann Daval: La défense du mari mise à mal par une bombe aérosol

ENQUETE Jonathann Daval est accusé du meurtre de sa femme Alexia, disparue le 28 octobre 2017…

L.Br.

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Les gendarmes devant la maison de Jonathann Daval, le 29 janvier 2018.
Les gendarmes devant la maison de Jonathann Daval, le 29 janvier 2018. — SEBASTIEN BOZON / AFP

La coïncidence a troublé les enquêteurs. Une bombe aérosol retrouvée lors d’une perquisition au domicile de Jonathann Daval pourrait être l’une des preuves déterminantes dans cette affaire. Selon un rapport d’expertise cité ce lundi par Le Parisien et dont 20 Minutes a eu confirmation, c’est cette bombe qui aurait servi à brûler le corps d’Alexia.

Cette bombe aérosol « entamée et sans bouchon » de mousse de polyuréthane expansive a été découverte à son domicile. Lors de la découverte du corps partiellement calciné d’Alexia, les enquêteurs avaient trouvé un capuchon, qui « s’emboîte parfaitement » avec la bombe, selon ce rapport.

Une position « intenable »

Cette découverte met à mal la défense de Jonathan Daval. S’il a souvent varié sa version des faits au cours des interrogatoires, il a toujours nié avoir brûlé son corps, avec constance. L’informaticien de 35 ans, actuellement incarcéré, avait reconnu avoir déposé le corps d’Alexia dans une forêt près de Gray-la-Ville, où se trouvait leur domicile. Autour du corps, aucune substance accélérante, de type essence, n’avait été retrouvée. Selon Le Parisien, l’expert reste prudent et affirme qu’une combustion à l’aide de mousse de polyuréthane « n’est pas vérifiable techniquement ».

Depuis sa première version, où il reconnaissait son implication dans le meurtre d’Alexia, il a considérablement changé de positionnement et accuse désormais son beau-frère Grégory Gay d’avoir étranglé la jeune femme. Pour Renaud Portejoie, l’un des avocats de Grégory Gay, cette nouvelle découverte accable l’accusé : « Ça fait beaucoup [d’éléments]. Ça conforte naturellement, si besoin était, l’orientation que prend le dossier. Ce que Jonathann Daval raconte est grotesque et abject. A chaque nouvelle expertise, on a un nouvel élément accablant. Sa position devient intenable. »