«Proxénétisme de cités»: Jusqu'à quatre ans de prison pour prostitution de mineures

PROCES Les dix prévenus, huit garçons et deux filles âgés d’à peine vingt ans, ont grandi ensemble dans deux quartiers du Val-de-Marne et se connaissent bien…

20 Minutes avec AFP

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Le tribunal de Créteil (Val-de-Marne).
Le tribunal de Créteil (Val-de-Marne). — DUPUY FLORENT/SIPA

Jusqu’à quatre ans de prison ferme pour les dix jeunes condamnés, ce vendredi par le tribunal correctionnel de Créteil, pour avoir prostitué des jeunes filles mineures dans des hôtels de la région parisienne.

Sans surprise, ce sont les « chefs » de ces micro-réseaux qui ont écopé des peines les plus lourdes. Ces derniers louaient des chambres d’hôtels et recrutaient des « bosseuses », qu’ils n’hésitaient pas à se « vendre » entre eux. Les dix prévenus, huit garçons et deux filles âgés d’à peine vingt ans, ont grandi ensemble dans deux quartiers du Val-de-Marne et se connaissent bien.

« Amoureuse » de son proxénète, elle se prostituait mais aussi aidait d’autres filles à le faire

Une des prévenus, considérée comme une « organisatrice » et dont le nom apparaît dans plusieurs de ces réseaux, n’avait que 15 ou 16 ans au moment des faits. La jeune femme sera jugée à une date ultérieure devant le tribunal pour enfants. Les victimes, huit filles âgées de 13 à 17 ans à l’époque, n’étaient pas présentes à l’énoncé du jugement.

Elles étaient parfois des copines de collège des prévenus, plus souvent « rencontrées » sur le réseau social Snapchat. L’une des jeunes femmes, à la fois victime et prévenue, a été condamnée à deux ans d’emprisonnement avec sursis. « Amoureuse » de son proxénète, elle se prostituait mais aidait aussi à la prostitution d’autres filles, notamment en postant des annonces.

Ce « proxénétisme des cités » est « aussi grave que n’importe quel proxénétisme »

Les autres prévenus, qui ont écopé de peines avec sursis ou aménageables, étaient jugés pour avoir fait de la « pub » pour leurs copains qui « cherchaient des filles » sur les réseaux sociaux, pour avoir « rendu service » en prêtant leurs cartes bleues pour réserver des chambres d’hôtels ou encore pour avoir assuré la « sécurité » en se cachant dans la salle de bain pendant les passes.

« Peu importe que ce soit un petit réseau (…), qu’ils n’aient pas brassé tant d’argent », « peu importe que les jeunes filles consentent », a déclaré la procureure dans ses réquisitions : ce « proxénétisme des cités », qui se popularise et touche principalement des mineures « fugueuses, souvent perdues », est « aussi grave que n’importe quel proxénétisme ». Devant le tribunal, aucun des prévenus n’a semblé comprendre que les faits correspondaient à la « définition juridique » du proxénétisme.