Procès Pastor: Janowski charge son coach mais reste le seul commanditaire aux yeux des familles des victimes

ASSISES Les plaidoiries des parties civiles ont commencé devant le cour d'assises des Bouches-du-Rhône, où dix personnes sont jugées pour le meurtre d'Hélène Pastor et de son chauffeur...

F.B. avec AFP

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Wojciech Janowski lors de son procès pour la mort d'Hélène Pastor
Wojciech Janowski lors de son procès pour la mort d'Hélène Pastor — Benoit PEYRUCQ / AFP
  • Après avoir avoué son implication dans l’assassinat d’Hélène Pastor et de son chauffeur, Wojciech Janowski clame désormais son innocence.
  • Devant la cour d’assises des Bouches-du-Rhône, le gendre de la richissime Monégasque a encore accablé son ex-coach sportif.
  • Mais les parties civiles, qui ont commencé leurs plaidoiries mercredi, restent persuadées que le Polonais de 69 ans est le commanditaire de ces assassinats.

Les familles des victimes restent persuadées de sa culpabilité. Mercredi, devant la cour d'assises des Bouches-du-Rhône, le gendre d’Hélène Pastor, principal accusé des meurtres de la milliardaire et de son chauffeur, a voulu une nouvelle fois accabler son ex-coach sportif, mais les parties civiles le voient toujours comme le seul commanditaire.

Pascal « Dauriac avait de l’argent non déclaré et voulait régulariser sa situation fiscale », a déclaré Wojciech Janowski. « Je lui ai dit : 'tu achètes un terrain, je vais t’aider' », a-t-il aussi indiqué, comme cherchant un nouvel argument pour accabler son ex-coach, qu’il a déjà accusé de le faire chanter pour lui soutirer de l’argent.

Wojciech « Janowski cherche à vous faire porter la responsabilité, qu’en pensez-vous », demande l’avocat général, Pierre Cortès. « Cela me fait vomir », répond Pascal Dauriac. Mis devant ses multiples contradictions, révélées par l’enquête et à l’audience, le Polonais de 69 ans martèle : « Je ne suis pas le commanditaire, je ne suis pas coupable ».

La relation financière entre Janowski et Dauriac en question

« Janowski a remis de l’argent à Dauriac, il y a une relation financière entre les deux hommes. Une grande partie du chemin » vers la culpabilité de Janowski « est déjà faite », a plaidé Me Paul Le Fèvre, l’un des avocats de la famille de Mohammed Darwich, également tué le 6 mai 2014, aux côtés d’Hélène Pastor.

Pour « brouiller les pistes » et faire croire au vol du sac à main de la Monégasque par « des Arabes de Nice », Wojciech Janowski avait offert 20.000 euros pour le larcin et 20.000 pour le meurtre de Mohamed Darwich, selon Pascal Dauriac. « Janowski avait décidé au moins deux ans auparavant, en 2012, son projet criminel », a noté de son côté Me Franck de Vita, avocat de Claude Pallanca, l’ex-mari d’Hélène Pastor, avec laquelle il était très lié.

Et si Pascal Dauriac en a été « le maître d’œuvre », le « maître d’ouvrage, le bâtisseur » est bien Wojciech Janowski, un homme qui s’est montré durant l’audience « hautain, prétentieux, dictatorial », a aussi plaidé l’avocat : « Cet homme n’est pas manipulable, ni par Dauriac, ni par personne », a-t-il insisté, prenant le contre-pied de la thèse du Polonais selon lequel c’est son ex-coach qui le manipulait.

Pour tous les accusés, le mobile de « l’argent, l’argent, l’argent »

Pour les avocats de la famille de Mohamed Darwich et ceux de Sylvia Pastor, la fille de la victime, le visionnage durant le procès de la garde à vue de Wojciech Janowski, au cours de laquelle il avait avoué, pèse lourd. « Quand on voit la délicatesse avec laquelle les policiers l’ont traité… », insiste Me Franck de Vita. Or l’homme d’affaires avait toujours prétendu que ses aveux lui avaient été arrachés par les policiers qui l’avaient « maltraité ».

Commanditaire, intermédiaires ou exécutants n’avaient qu’un seul mobile : « L’argent, l’argent, l’argent », a plaidé Me Dominique Mattéi. Janowski voulait donner « l’image d’une grande réussite » mais était sans le sou, mu durant les 28 ans de sa relation avec Sylvia Pastor par le mensonge, a estimé Me Didier Escaut, autre avocat de l’épouse.

Me Michel Roubaud, conseil d’un cousin Pastor, a dénoncé pour sa part, « l’insatiable volonté de lucre d’un homme parvenu ». « Il a passé son existence à maquiller sa vie, a fait remarquer Me Dominique Mattéi. C’est terrible de lire la manipulation dont cet homme est capable, jusqu’au point de déverser la culpabilité sur d’autres pour tenter de s’en sortir. »

Ce jeudi, la parole sera donnée aux avocats de Gildo Pastor, le fils de la victime, avant les réquisitions de l’avocat général. Au total, dix personnes sont accusées d’avoir participé aux assassinats d’Hélène Pastor et de Mohamed Darwich, mortellement blessés dans un guet-apens devant un hôpital à Nice.