Enquête sur les pratiques de la lutte anti-stups: La procureure adjointe de Paris est sortie de garde à vue

ENQUETE Véronique Degermann a été interrogée dans les locaux de l'Inspection générale de la police nationale (IGPN)... 

20 Minutes avec AFP

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Veronique Degermann, le procureur adjointe du parquet de Paris, le 29 juin 2007.
Veronique Degermann, le procureur adjointe du parquet de Paris, le 29 juin 2007. — THOMAS COEX / AFP

Les magistrats connaissaient-ils les méthodes d’infiltration de la lutte anti-drogue ? C’est ce que cherche à savoir l’Inspection générale de la police nationale. Entendue depuis mardi dans le cadre d’une enquête sur les pratiques controversées de la lutte anti-stupéfiants, sous François Thierry, Véronique Degermann, procureur adjointe au parquet de Paris, est sortie de garde à vue, ce mercredi soir, a annoncé une source proche du dossier.

Tout comme sa collègue Karine Roussy-Sabourin, ancienne procureure à la juridiction interrégionale spécialisée (Jirs) de Paris, dont la garde à vue a, elle aussi, été levée, Véronique Degermann a été interrogée par l’Inspection générale de la police nationale (IGPN). Dans le cadre d’une information judiciaire ouverte à Lyon pour infraction à la législation sur les stupéfiants, association de malfaiteurs et faux en écriture, François Thierry, ex-patron de l’Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants (Ocrtis), et un second policier, Laurent Ferrer, restent, eux, en garde à vue ce mercredi soir, a annoncé cette même source.

Une plainte d’un ancien informateur de l’Ocrtis

Cette enquête est l’un des trois volets de l’affaire qui touche aux méthodes employées à l’Ocrtis, en particulier à la gestion des indics, sous François Thierry. A l’origine de ce volet, un ancien informateur de l’Ocrtis, Hubert Avoine, auteur du livre L’Infiltré, avait porté plainte en dénonçant la façon dont la police l’avait utilisé.

Le volet principal de l’affaire a été dépaysé, lui, de Paris à Bordeaux. Le 24 août 2017, François Thierry, ancien patron de la lutte anti-drogue, a été mis en examen dans ce retentissant dossier touchant à la saisie record, le 17 octobre 2015, de sept tonnes de cannabis à Paris. A titre de sanction disciplinaire, il a perdu depuis son habilitation d’officier de police judiciaire.

Selon François Thierry, les magistrats connaissaient les méthodes d’infiltration de l’Ocrtis

La justice avait découvert que la drogue était arrivée en France dans le cadre d’une livraison surveillée, opérée par l’Ocrtis avec l’aide d’un informateur important de « l’office », considéré comme un trafiquant de drogue de haut vol. La drogue cachée dans des camionnettes avait été découverte au pied du luxueux appartement de cet « indic », boulevard Exelmans, dans le XVIe arrondissement de Paris.

François Thierry est notamment soupçonné d’avoir favorisé l’importation de drogue en France sans avoir informé totalement l’autorité judiciaire des modalités de l’opération, ni du rôle-clé de cet informateur qu’il gérait en direct. Mais l’ancien patron de la lutte anti-drogue affirme, à l’inverse, que les magistrats, et notamment ceux du parquet de Paris, étaient au courant des méthodes d’infiltration de l’Ocrtis.