Lactalis: L'enquête sur le lait infantile contaminé transmise à un juge d'instruction

ENQUETE Près de 300 plaintes ont été déposées contre le groupe Lactalis, notamment par les associations de défense de consommateurs UFC-Que Choisir et Foodwatch…

20 Minutes avec AFP
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Le siège du groupe Lactalis à Laval, en janvier 2018.
Le siège du groupe Lactalis à Laval, en janvier 2018. — CHINE NOUVELLE/SIPA

Après la contamination aux salmonelles de laits infantiles, qui a touché une dizaine de nourrissons et contraint le groupe Lactalis à suspendre la production d’une de ses usines, un juge d’instruction a décidé de poursuivre l’enquête, a annoncé une source judiciaire, ce mardi.

Le pôle santé publique du parquet de Paris a décidé, ce mardi, après neuf mois d'enquête préliminaire​, d’ouvrir une information judiciaire contre X pour « tromperie sur les qualités substantielles des marchandises », « blessures involontaires ayant entraîné une incapacité de travail inférieure ou égale à trois mois » et « inexécution par un exploitant du secteur alimentaire de procédures de retrait ou de rappel d'un produit préjudiciable à la santé».

Cinquante-trois nourrissons atteints de salmonellose

Après avoir analysé plusieurs milliers de documents saisis lors de perquisitions sur quatre sites de Lactalis, le parquet de Paris a jugé que les investigations devaient « se poursuivre dans un autre cadre juridique » plus adapté, selon la source judiciaire. Au total, 53 nourrissons identifiés ont été atteints de salmonellose en France fin 2017 après avoir consommé un produit pour enfant, essentiellement de marque Milumel ou Picot, sorti de l’usine de Craon, située en Mayenne.

Le processus de retrait a été chaotique et de nombreux dysfonctionnements ayant mené à la contamination ont été mis au jour. Après plusieurs semaines de crise, le groupe, avait retiré mi-janvier la totalité de ses laits infantiles produits dans l’usine incriminée, dont la production a dû être suspendue pendant six mois. L’entreprise avait affirmé que la contamination s’expliquait par des « travaux réalisés courant 1er semestre 2017 ». Mais le site avait déjà subi une contamination à la salmonelle en 2005.