Marseille: Une amende de 100.000 euros requise contre le capitaine d'un navire pollueur

POLLUTION Le parquet de Marseille a requis une amende de 100.000 euros à l’encontre du capitaine d’un navire qui utilisait du fioul trop polluant…

A.M. avec AFP

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Un navire de croisière américain de la compagnie Carnival à Key West, en Floride
Un navire de croisière américain de la compagnie Carnival à Key West, en Floride — KAREN BLEIER AFP
  • Le parquet de Marseille a requis une amende de 100.000 euros à l’encontre du capitaine d’un navire qui avait utilisé du fioul irrégulier dans le port de Marseille.
  • Selon plusieurs parties civiles, les émissions polluantes des navires de croisière peuvent être 1.500 fois supérieures à celles des véhicules particuliers.

100.000 euros. C’est l’amende requise lundi après-midi par le parquet de Marseille à l’encontre du capitaine d’un navire de croisière, lors d’un procès pour pollution de l’air qui constitue une première judiciaire. Géant des mers de 300 mètres de long, pouvant accueillir jusqu’à 3.000 passagers, « L’Azura » avait été épinglé le 29 mars dernier lors d’une escale à Marseille pour avoir utilisé un fioul trop polluant, dépassant les valeurs limite en soufre.

Le groupe américain Carnival, qui détient la marque P & O Cruises, « a souhaité économiser de l’argent au mépris des poumons de tout un chacun, dans un contexte de pollution majeure de l’air causée pour partie par les croisières » à Marseille, a déclaré le procureur de la République Franck Lagier.

900 tonnes de fioul irrégulier

Le capitaine Evans Hoyt, un Américain de 58 ans qui ne s’est pas présenté à la barre, « savait pertinemment le caractère irrégulier du fioul » avec lequel il avait fait le plein d’une soute de 900 tonnes à Barcelone, avant de mettre le cap sur Marseille, a souligné le procureur.

La compagnie Carnival, elle, « n’a pas souhaité faire application de la norme légale », selon lui. De leur côté, les avocats du géant américain de la croisière et du capitaine ont contesté la législation française et estimé que les règles les plus strictes, réservées aux navires de passagers en service régulier, ne s’appliquaient pas à « L’Azura ».

Les parties civiles, France Nature Environnement, Surfrider Foundation et la Ligue de protection des oiseaux ont demandé chacune 5.000 euros de dommages et intérêts, soulignant que les émissions polluantes des navires de croisière pouvaient être 1.500 fois supérieures à celles des véhicules particuliers.

Normes durcies

La pollution générée par ces navires, de plus en plus gros et qui brûlent un fioul lourd aux effets très néfastes sur la santé des riverains, est un point noir dans plusieurs villes du littoral méditerranéen et singulièrement dans la cité phocéenne, premier port de France, qui mise gros sur le développement de ce tourisme.

Les normes de pollution seront encore nettement durcies dans les eaux françaises à partir du 1er janvier 2020, pour tous les types de navires, avec une teneur maximale en soufre abaissée.