Rennes: «C’est comme si on enlevait la cédille à François», plaident les parents du petit Fañch

JUSTICE La cour d’appel examinait ce lundi après-midi l’affaire du n tildé sur le prénom de l’enfant du couple de Quimper…

Jérôme Gicquel
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Les parents du petit Fañch et leur enfant ce lundi devant le parlement de Bretagne.
Les parents du petit Fañch et leur enfant ce lundi devant le parlement de Bretagne. — J. Gicquel / 20 Minutes
  • La cour d’appel de Rennes examinait ce lundi après-midi le recours déposé par les parents du petit garçon.
  • La justice refuse pour l’heure que l’enfant conserve le tilde sur son prénom.
  • La décision de la cour d’appel sera rendue le 19 novembre.

Avec son pull marin et sa casquette vissée sur la tête, le petit Fañch est la star ce lundi après-midi sur les marches du parlement de Bretagne. En quelques mois, le petit garçon est devenu un véritable symbole de l’identité bretonne. Tout cela à cause d’un tilde sur le n de son prénom que lui ont donné ses parents le 11 mai 2017 à Quimper (Finistère). Ce jour-là, l’Etat civil avait refusé le prénom de Fañch, au motif que le ñ était absent des signes diacritiques autorisés par l’administration française.



Face à la polémique suscitée, la mairie de Quimper avait finalement fait machine arrière et autorisé le petit breton à s’appeler Fañch, diminutif de François en breton. L’État avait porté l’affaire devant la justice et le tribunal de grande instance de Quimper lui avait donné raison le 13 septembre 2017 en refusant que Fañch conserve son n tildé.

« Il ne met pas en danger l’unité nationale », estime son père

« Son tilde est sur sa carte d’identité et il le conservera après l’affaire. C’est un prénom breton et il faut le tilde pour le prononcer correctement. Sinon, c’est comme si on enlevait la cédille à François », estiment les parents du petit garçon, qui avaient fait appel de la décision.



Soutenus par une cinquantaine de militants de la cause bretonne ce lundi à Rennes, ils espèrent toujours que la justice acceptera le prénom de leur enfant. « Notre enfant ne met pas en danger l’unité nationale comme l’indique le premier jugement, c’est ridicule », assure le père.

La décision rendue le 19 novembre

A l’audience, leur avocat Jean-René Kerloc’h a plaidé le droit de tout parent « de choisir librement le prénom de son enfant ». Il a par ailleurs relevé que « de hautes personnalités de l’administration française », comme Laurent Nuñez, directeur général de la sécurité intérieure, ou Sonia Doña Pérez, consule générale de France à Johannesburg, portaient tranquillement un ñ tildé sur leur nom de famille. « Seuls les noms d’origine étrangère ont le droit de porter un tilde ? », s’interroge Maître Kerloc’h, pointant du doigt « une discrimination » envers la langue bretonne.

L’avocat général a de son côté demandé la confirmation du jugement de Quimper, estimant que le tilde sur le n n’existait pas dans la langue française et que le débat ne s’arrêtait donc là. « L’affaire ne porte que là-dessus. Et il n’y a pas de volonté jacobine de nier la culture bretonne. Il y a bien d’autres Fanch qui n’ont pas de tilde et qui ne se sentent pas humiliés », a-t-il répondu sèchement à l’avocat des parents. L’affaire a été mise en délibéré. La décision de la cour d’appel de Rennes sera rendue le 19 novembre.