Qui est Rémy Heitz, le candidat pressenti pour remplacer François Molins au parquet de Paris?

NOMINATION Plusieurs magistrats très expérimentés pressentis pour ce poste avaient été écartés par l’exécutif…

Hélène Sergent et Vincent Vantighem

— 

Rémy Heitz a été président du TGI de Bobigny entre 2011 et 2015.
Rémy Heitz a été président du TGI de Bobigny entre 2011 et 2015. — Jacques Witt / Sipa/SIPA
  • Né le 26 octobre 1963 à Nancy, Rémy Heitz a occupé plusieurs postes d’envergure au sein de la chancellerie.
  • Ancien directeur des affaires criminelles et des grâces, il a également présidé le tribunal de grande instance de Bobigny, le 2e plus grand de France.

L'imbroglio autour de la nomination du futur procureur de la République de Paris touche-t-il à sa fin ? Après avoir écarté plusieurs magistrats expérimentés, l’exécutif a finalement fait part, ce mercredi, de son choix. La ministre de la Justice Nicole Belloubet a proposé le nom de Rémy Heitz au Conseil supérieur de la magistrature (CSM).

Cette instance doit rendre un avis non-contraignant pour le gouvernement dans les semaines à venir avant la nomination officielle du candidat. Devenu plus « familier » des Français suite à ses interventions régulières après les récentes attaques terroristes en 2012, 2015 et 2016, François Molins devrait quant à lui quitter son poste début novembre.

Nommé sous Chirac, passé chez Raffarin

A 54 ans, Rémy Heitz a d’ores et déjà une carrière d’envergure au sein de la magistrature. Après un premier poste de substitut du procureur à Pontoise, il rejoint la DACG (Direction des affaires criminelles et des grâces) en 1992, avant de devenir chef de cabinet de Pascal Clément (UMP), à l’époque ministre délégué aux relations avec l’Assemblée nationale. A la fin des années 1990, il revient à la DACG comme chef du bureau de l’action publique. En 2001, il rejoint le parquet parisien pour la première fois et devient vice-procureur de la République.

Une fonction qu’il n’occupera qu’un an puisqu’il intègre en 2002 le cabinet de Jean-Pierre Raffarin comme conseiller technique. Le grand public le découvre en 2003 lorsqu’il est nommé délégué interministériel à la sécurité routière. A cette époque, il croise le chemin de Dominique Perben (UMP) alors ministre des Transports. L’ex-ministre salue le « très bon choix » de l’exécutif : « Rémy Heitz coche pas mal de cases. Il a déjà occupé des postes à responsabilité en administration centrale, au parquet mais également au siège, ce qui est assez rare. Je me souviens d’un homme très sobre, calme, méthodique et de grand équilibre ».

« Proche » de Nicolas Belloubet

Procureur de la République à Metz jusqu’en 2011, il est propulsé à la tête du 2e plus grand tribunal de France : celui de Bobigny. En 2015, il retourne dans l’Est pour devenir Premier président de la cour d’appel de Colmar, où a notamment été expérimenté un programme de prévention de la radicalisation violente. Il est à ce jour directeur des affaires criminelles et des grâces (DACG).

Un poste qui aurait facilité le soutien de l’exécutif à son égard selon une source syndicale : « Il est totalement compatible avec le pouvoir en place. Il a su mener sa barque pour arriver là où il est. En sa qualité de DACG depuis un an, il était très proche de Nicole Belloubet et donc très proche du pouvoir en place ». Décrit comme « assez affable », « aimable » et « bon technicien », il devrait prendre ses fonctions début novembre si l’avis du Conseil supérieur de la magistrature appuie le choix de l’exécutif.