Procès Pastor: Wojciech Janowski, patron «formidable» mais gendre «pitoyable»

PROCES Les témoins se sont succédé pour décrire la personnalité du beau-fils d’Hélène Pastor, dont il est accusé d’avoir commandité l’assassinat…

20 Minutes avec AFP

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Wojciech Janowski lors de son procès pour la mort d'Hélène Pastor
Wojciech Janowski lors de son procès pour la mort d'Hélène Pastor — Benoit PEYRUCQ / AFP
  • Devant la cour d’assises des Bouches-du-Rhône, Wojciech Janowski a été décrit comme un patron « formidable » mais un homme « complexé » par sa richissime belle-famille.
  • Il souffrait aussi « d’un sentiment d’injustice envers Gildo », le fils d’Hélène Pastor, « à qui elle donnait beaucoup d’argent », a dit l’une des témoins.
  • Dix accusés, dont Wojciech Janowski, comparaissent depuis la mi-septembre pour l’assassinat d’Hélène Pastor.

Un patron « formidable » mais un homme « complexé » par sa richissime belle-famille. C’est en ces termes que Wojciech Janowski, le gendre de la milliardaire monégasque Hélène Pastor, dont il est accusé d’avoir commandité le meurtre, a été dépeint lundi devant les assises des Bouches-du-Rhône.

Devant la cour,dix accusés comparaissent depuis la mi-septembre, Laurent Pastor, cousin de l’héritière assassinée, a décrit l’ex-consul honoraire de Pologne à Monaco comme un homme « complexé par l’argent des Pastor ».

« Un jour, il a traité Hélène de "salope" devant tout le monde », poursuit-il. Il confirme aussi des propos tenus pendant l’enquête : « Wojciech Janowski ne comprenait pas pourquoi [Hélène Pastor] ne l’aimait guère, il l’appelait "mamie", il était pitoyable ».

« Mythomane », « incompétent », mais « formidable »

Assistante de l’accusé pendant 3 ans, Katarzyna Martin confirme elle aussi ce « complexe » de Wojciech Janowski : « Il disait que la famille Pastor ne le supportait pas, que sa belle-mère était très dure ». Cette collaboratrice, qui recevait parfois les « confidences » de son patron et compatriote a aussi affirmé qu’il souffrait aussi « d’un sentiment d’injustice envers Gildo [le fils d’Hélène Pastor] à qui elle donnait beaucoup d’argent ».

Décrit depuis le début de la procédure comme un « mythomane » qui s’inventait des diplômes, un « incompétent » qui menait ses sociétés à la ruine, Wojciech Janowski, qui a vécu 28 ans avec Sylvia Ratowski sans être marié avec elle, était pourtant pour son assistante « quelqu’un de formidable comme patron ».

Des louanges réitérées par Vincenzo Sances, embauché par le couple notamment comme skipper et chauffeur. « Wojciech Janowski m’a toujours traité comme quelqu’un de la famille », a expliqué cet Italien, qui se remémore des bons souvenirs avec l’accusé, des sorties en mer ou des parties de backgammon.

« Quelqu’un qui n’aimait pas être contrarié »

Le consul honoraire de Pologne est tout de même décrit par Vincenzo Sances comme par son comptable, Paul Reynière, comme « quelqu’un qui n’aimait pas être contrarié », notamment sur ses activités financières.

Une des sociétés de Wojciech Janowski, Firmus, qui finançait des brevets notamment sur le traitement de l’eau, était « déficitaire » et approvisionnée « presque uniquement par les fonds propres » du gendre, a reconnu Paul Reynière, un des administrateurs.

Selon les enquêteurs, l’homme d’affaires polonais détournait à son profit ou pour ses sociétés la plus grande partie des 500.000 euros mensuels qu’Hélène Pastor versait à sa fille Sylvia. Pour l’accusation, le double meurtre d’Hélène Pastor et de son chauffeur et cuisinier Mohamed Darwich devait permettre à Wojciech Janowski de détourner à son profit la part d’héritage qu’aurait touchée sa compagne.