Paris : L'élu Ian Brossat jugé pour diffamation envers Rifaat al-Assad, l’oncle du président syrien

PROCES Ian Brossat s’était réjoui de la décision de la ville de Paris d’exproprier Rifaat al-Assad d’un terrain de 788 m2 dans le XVIe arrondissement…

20 Minutes avec AFP

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Paris, le 15 septembre 2014, Ian Brossat, adjoint chargé du logement, a reçu 20 Minutes dans son bureau à l'Hôtel-de-Ville.
Paris, le 15 septembre 2014, Ian Brossat, adjoint chargé du logement, a reçu 20 Minutes dans son bureau à l'Hôtel-de-Ville. — O. Gabriel/ 20Minutes

Alors qu’il avait qualifié un terrain ayant appartenu à Rifaat al-Assad, l’oncle de Bachar, de « bien mal acquis, obtenu avec de l’argent volé au peuple syrien », Ian Brossat, élu communiste de Paris, sera jugé, mardi 2 octobre, au tribunal de Nanterre (Hauts-de-Seine) pour diffamation.

En 2016, Rifaat al-Assad, l’oncle du président syrien, avait été exproprié d’un terrain en friche de 788 m2 qu’il possédait dans le XVIe arrondissement, la ville de Paris ayant décidé d’y construire des logements sociaux.

Le journaliste qui a rapporté les propos de Ian Brossat lui aussi poursuivi

Ce « bien mal acquis, obtenu avec de l’argent volé au peuple syrien par l’un des pires régimes au monde, va servir à l’intérêt général », avait alors salué l'élu communiste, adjoint au logement à la mairie de Paris. Des propos rapportés par le journaliste de RTL, Rémi Sulmont, qui est, lui aussi, poursuivi en diffamation par l’oncle du dictateur syrien.

« Rifaat al-Assad n’est ni le premier ni le dernier kleptocrate qui tente vainement d’obtenir (de la justice) un brevet d’honorabilité depuis longtemps introuvable », a assuré William Bourdon, l’avocat de Ian Brossat.

Tous les biens de Rifaat al-Assad saisis par les douanes françaises

Rifaat al-Assad, âgé de 81 ans, est poursuivi depuis juin 2016 par la justice française pour «blanchiment de fraude fiscale en bande organisée» et «détournement de fonds publics». Il est soupçonné d’avoir bâti, grâce à des détournements de fonds publics syriens, un patrimoine colossal en Europe.

En France, l’ancien dignitaire syrien disposait par exemple de deux hôtels particuliers à Paris dont un de 3.000 m2, un haras et un château dans le Val d'Oise ou encore 7.300 m2 de bureaux à Lyon. Tous ces biens ont été saisis en 2016 par les douanes françaises. L’indemnité de 9,5 millions d’euros versée par la ville de Paris pour compenser l’expropriation du terrain du XVIe arrondissement a également été gelée par la justice.

Une enquête pour crimes de guerre

Rifaat al-Assad, qui dirigeait les Brigades de défense de la révolution, le corps d’élite du régime syrien, lors du massacre de Hama (centre) en 1982, a été contraint à l’exil en 1984 après un coup d’État raté contre son frère, Hafez al-Assad.

Dans une procédure distincte lancée en Suisse en 2013, Rifaat al-Assad fait également l’objet d’une enquête pour crimes de guerre. La justice cherche à déterminer son rôle dans les massacres de Tadmor en 1980 et Hama en 1982, qui a fait selon les estimations entre 10.000 et 40.000 morts.

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